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Le Cercle de la Rochefoucauld |
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Cercle de la Rochefoucauld regroupe 500 Ingénieurs des Arts et Métiers,
dirigeants de grandes et moyennes entreprises. Depuis la reprise de ses activités,
en juillet 2000, le Cercle La Rochefoucauld a reçu, successivement, comme
invités d'honneur à ses dîners débats |
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Le 25 juin 2008 : Christophe De Margerie - Directeur Général de Total
Le 5 juin 2008 : Valérie Pécresse - Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Le 5 février 2008 : Geoffroy Roux de Bézieux - Président de Croissance Plus et de Virgin Mobile
Le 16 octobre 2007 : Michel Destot - Président des Maires des grandes villes de France
Le 19 juin 2007 : Charles Begbeider, président directeur général de Poweo - vice-président du Medef
Le 28 mars 2007 : Stéphane Rozès, directeur de l'institut de sondage "CSA Opinions"
Le 6 février 2007 : François Chérèque , secrétaire général de la CFDT
Le 20 novembre 2006 : Jean-Louis Beffa , président directeur général de Saint-Gobain
Le 16 octobre 2006 : Rémi Krug, Rémi Krug, patron de la célèbre maison de Champagne, et ancien président du Comité Colbert,
Le 19 septembre 2006 : Yvon Gattaz, ancien président du CNPF, de 1981 à 1986, académicien des sciences morales et politiques depuis 1989.
Le 25 avril 2006 : Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Le 21 février 2006 : Jean-Martin Folz, président
de PSA Peugeot-Citroën
Le 6 décembre 2005 : Thierry Breton, ministre de
l'Economie et des Finances
Le 9 novembre 2005 : Jean-Cyril Spinetta, Président
d'Air France
Le 29 septembre 2005 : Louis Schweitzer, Président
de Renault
Le 4 juillet 2005 : Pierre BELLON, Président de Sodexho-Alliance
Le 24 mars 2005 : Dong Seng (Tomson) Li, Président de
TCL Le 17
janvier 2005 : Dalil BOUBAKEUR, Recteur à la Mosquée
de Paris
Le 16 septembre 2004 : Patrick DEVEDJIAN, Ministre délégué
à l'Industrie
Le 2 juin 2004 : Claude BEBEAR, Fondateur et Président
du conseil de surveillance d'AXA, créateur et président de l'institut
Montaigne
Le 24 mars 2004 : Francis Mer, Ministre de l'Economie, des
Finances et de l'Industrie
Le 13 janvier 2004, Nicolas SARKOZY, Ministre de l'Intérieur
Le 22 octobre 2003 : Claudie HAIGNERE,
Ministre Délégué à la recherche et aux nouvelles technologies
Le 1er juillet 2003 : Renaud DUTREIL,
Secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce, à l'Artisanat et aux Professions
libérales
Le 29 avril 2003 :Michel BARNIER,
Commissaire européen
21
janvier 2003 : Jean-François DEHECQ (Li. 58), PDG
de Sanofi-synthelabo
Le
5 décembre 2002 : Luc FERRY, Ministre de la jeunesse,
de l'éducation nationale et de la recherche
Le 27 juin 2002 :Jean-Claude TRICHET,
Gouverneur de la Banque de France
Le 22 mai 2002 : Bertrand COLLOMB, Président Directeur
Général de Lafarge
Le 5 février 2002 :Nicolas BEYTOUT, Directeur de
la rédaction du quotidien Les Echos
Le 27 novembre 2001 :Michel DIDIER, Directeur général
de Rexecode, analyste de la conjoncture
Le 4 juillet 2001 :Denis KESSLER, Vice-Président
du MEDEF
Le 4 avril 2001 :Laurent FABIUS, Ministre de l'Economie,
des Finances, et de l'Industrie
Le 7 décembre 2000 :Nicole NOTAT, Secrétaire
Générale de la CFDT
Le 18 octobre 2000 : le Président du Sénat
Christian PONCELET
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Le directeur général de Total Christophe de Margerie a été l’invité d’honneur le 25 juin 2008. La vision du patron d’une des 5 grandes compagnies pétrolières mondiales est de s’intéresser à toutes les formes d’énergie, à l’approvisionnement futur de toutes les régions du monde, en prenant toute la mesure de leurs besoins, des réalités politiques, environnementales et technologiques. L’exploitation des sables et des schistes est difficile et contraignante, car la remise en état des sites est obligatoire. Le solaire, avec l’emploi massif du silicium, est dangereux pour l’environnement. Cette source ne suffira pas seule à compléter le manque d’hydrocarbures. La biomasse de 2e génération n’est encore qu’une promesse. Le nucléaire est la seule solution sérieuse. Total cherche des solutions pour faire consommer moins. Les plus grands centres de recherche sur l’environnement sont dans les pays du Golfe. Pour Chr. de Margerie, parler de spéculation en ce moment, où un seul pays, l’Arabie Saoudite, a les moyens d’augmenter sa capacité de production est un non sens. Les pays émergeants ont droit à leur croissance. L’économie mondiale en profite. Le Pétrole est un beau métier. Il y a encore du travail pour les ingénieurs, hommes et femmes, pour longtemps. L’éthique de Chr. de Margerie se décline en 4 comportements : l’écoute, la solidarité, la « transversalité », l’audace.

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Le Cercle a reçu, le 5 juin 2008, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Menant son action politique dans une logique de « débureaucratisation », elle promeut l’autonomie pour ajouter à la formation et à la recherche (les deux missions de base de l’université) une 3e mission : l’insertion professionnelle. Les moyens sont accrus : + 50% de dotation gouvernementale, et recours au mécénat. Moins d’idéologie, plus de concret : la ministre appelle les mécènes, particuliers et entreprises, à s’investir dans l’enseignement, à vaincre la méfiance réciproque entre le monde de l’université et celui de l’économie. Une vingtaine d’universités auront l’autonomie sur leurs budgets dès le 1er janvier 2009. Le mot d’ordre est le regroupement des forces, plus facile en province qu’à Paris. Dans le pôles de recherche et d’enseignement (PRES), il faut des collèges doctoraux uniques, sans barrières entre l’université et les grands écoles. L’avis de la ministre est réservé sur un PRES où il n’y aurait que des ingénieurs. Les grandes écoles doivent se garder de faire de la « reproduction sociale ». Le baccalauréat doit mieux sélectionner les candidats à l’entrée à l’université (trop de bacheliers S, pas assez de bacheliers pro. vont en IUT) ; il y a 15% de places vides dans certaines formations. Les premières années de médecine produisent des échecs en masse. La vraie liberté de l’étudiant est de pourvoir choisir une voie vers « l’employabilité ». Les autres grands chantiers sont l’ouverture sociale et la vie étudiante (logement, bourses, campus). La réforme s’attaque, dans l’ordre : à la licence, au master, au doctorat. La commission des titres d’ingénieur (CTI) fonctionne bien.

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Le 5 février 2008, le Cercle reçoit le président en exercice de Croissance Plus, Geoffroy Roux de Bézieux, l'emblématique entrepreneur de la jeune génération, membre de l'équipe auteur des 316 propositions du rapport Attali. Ses succès personnels (Phone House, Virgin Mobile), son "flair commercial de l'épicier" donnent du poids à ses thèses sur les moyens de donner à la France le tonus économique qui lui fait défaut (4 fois moins de PME exportatrices que l'Allemagne, déficit commercial de 40 Md€ en 2007, alors que l'Allemagne, qui paie sa facture énergétique plus cher que nous, engrange 100Md€ d'excédents). Nos maux ? les 1800 pages de code du travail, exploitables par les grosses organisations, mais indigestes aux patites entreprises; les seuils des 10, 20, 50, 250 employés, que les entrepreneurs hésitent à franchir par hantise de la bureaucratie, ... Il y a de la création technologique en France, mais pas assez. Le foisonnement de la création américaine dans les NTIC permet là-bas de faire naître les Google et Microsoft. Pourtant, l'encouragement à la création est exemplaire en France (loi Dutreil, 50% de créations annuelles de plus depuis 2002), mais les agences immobilières arrivent en tête des créations. Le capitalisme français est immobile. La réussite se referme sur elle-même. la capital-risque est mal rémunérée. L'incussès est trop pénalisé. Mais l'espoir est permis : le dialogue social constructif frémit, la culture économique touche la jeune génération. Les patrons doivent s'engager davantage dans le débat public.
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Le Cercle a reçu, le 16 octobre 2007, Michel Destot (Li64), Député-Maire de Grenoble, nouveau Président des Maires des grandes villes de France.Fort de sa formation d’ingénieur Arts et Métiers « une chance et un atout », M.Destot a mené une vie d’entrepreneur de la haute technologie et d’homme politique avec la même passion. Il a trouvé dans les deux voies le même engagement total, la même soif des défis. Sa vision de la ville est celle d’un moteur indispensable de l’évolution vers la tolérance, le progrès technologique, social et humain. Pour que la ville joue mieux son rôle dans notre pays, il préconise plus d’Europe et plus de décentralisation. L’équilibre Nord-Sud exige d’innover et de créer au Nord, et produire davantage au Sud. La compétition internationale est incontournable. La mixité sociale et culturelle est un gage de progrès technologique et économique. La vocation de la ville est de créer un environnement éducatif et culturel apte à faire fructifier l’innovation, par des initiatives fortes comme les Pôles de compétitivité, et par une politique d’insertion, garante de l’harmonie sociale et de la solidarité. Michel Destot combat farouchement les extrémismes de tous bords et veut réhabiliter la classe politique par une éthique sans faille et sans faiblesse. L’alpiniste chevronné qu’il est mesure les risques et les assume, en pleine conscience.
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19 juin 2007, à quelques jours de l’ouverture, en France, du libre choix du fournisseur d’électricité et de gaz par les consommateurs, l’invité d’honneur était Charles Beigbeder, PDG de Poweo, créée il y a 5 ans, devenue 2e distributeur d’énergie, qui vise 5% du marché à l’horizon 2010. Figure emblématique de la nouvelle génération de patrons, qui veulent « décomplexer les entreprises » et faire retrouver le goût du risque, Charles Beigbeder, pour qui « Entreprendre, c’est innover » tire ses ressources de l’opération Selftrade qu’il a très bien réussie. Il a abordé le marché de l’énergie par le négoce et intègre maintenant la production (deux centrales thermiques en projet, 2000MW, les marges sont en amont). Poweo dote ses abonnés d’un outil leur permettant d’optimiser leur consommation. Les fruits du lissage et les gains sur le gaspillage sont partagés. L’innovation n’est pas que technologique. Les ruptures technologiques comme les supraconducteurs et les énergies renouvelables (Poweo en intègrera à terme pour 20%) ne sont pas prêtes. Mais l’innovation, c’est aussi plus de souplesse sociale et du financement diversifié. L’investissement dans la production d’énergie passera progressivement dans le secteur privé (les papetiers finlandais financent leurs réacteurs EPR). Le particulier va bénéficier de l’assouplissement des tarifications. Poweo embauche. L’effectif passera de 150 à 225 d’ici fin 2007. Les ingénieurs sont attendus. Les Conseils de Ch. Beigbeder : « rayonnez, soyez fiers de vous-mêmes, donnez envie de vous fréquenter ».
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Moins d'un mois avant le premier tour des élections présidentielles, Stéphane Rozès, directeur de l'Institut de sondages "CSA Opinions" était notre invité. 28 mars 2007. Le Cercle a reçu Stéphane Rozès, politologue, directeur de CSA Opinion et lui a demandé quelle confiance peut être accordée aux sondages, après les précédents de 2002 et 2005, quels enjeux, quelles propositions des candidats sont en relief dans la campagne présidentielle 2007, quels scenarii pour les 1er et 2e tours ? S.Rozès a précisé que les sondages ne sont pas des pronostics, mais des photographies instantanées d’une opinion qui n’est jamais figée, jusqu’au jour des élections. Un électeur sur 5 se décide au dernier moment. Les Français veulent, à l’Elysée, une personne qui incarne la cohérence hommes-valeurs-projets et la prise en charge des questions et angoisses des citoyens. Ils aiment débattre et « se disputer dans la même direction ». En 2007, ils appellent un retour de l’Etat dans l’économie ; le concept de marché est connoté négativement. Les Français persistent isolément à croire que le gouvernement est responsable du chômage. L’Europe et l’international sont absents de la campagne, car les Français veulent d’abord recadrer leur identité. L’Europe est perçue comme une « France en plus grand ». Bruxelles n’est plus prétexte à louanges ni bouc émissaire officiel. L’alternance n’a plus la cote. Les Français se donnent une « ivresse de démocratie », mais le compromis se fera entre le possible et le souhaitable. Au 1er tour, l’enjeu temporel domine, au 2e tour, c’est l’enjeu spirituel, immatériel. Quel que soit le choix, le pays va changer en profondeur. Des scenarii seront publiés en dernière semaine. La France détient le record du nombre de sondages. Le sondeur n’est pas maître du commentaire fait par les médias, il analyse et décortique. S. Rozès se garde de « faire de la morale ». Les raccourcis populistes sont un paravent de la paresse. Enseigner est bon, cela oblige à dialoguer
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François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, était notre premier invité de l'année 2007. Il a dressé un état des lieux de la relation sociale dans notre pays et exposé sa vision des bases nécessaires à la construction d’un pacte social solide et ses priorités d’action. L’économie française s’essouffle ; elle dépend trop de la consommation. La culture jacobine conserve l’exclusivité des décisions par la loi et privilégie, à tort, le détail. La production de richesses doit précéder la gestion de son partage. Les PME doivent davantage innover par la recherche. L’Etat et les bailleurs de crédits doivent les y encourager. L’Etat doit améliorer l’affectation des recettes fiscales. Face à la mondialisation, une politique de bas salaires n’est pas la bonne réponse. Les réformes, en France, doivent toucher les retraites, afin de maintenir au travail les seniors expérimentés ; le syndicalisme doit lui aussi se réformer. La France doit rattraper son retard sur les autres pays européens en matière de relations sociales. La CFDT veut construire un pacte social par le dialogue. F. Chérèque n’a pas peur de bousculer les idées fixes et croit à l’efficacité des petits pas. Il incarne le courage de la remise en cause et se livre au débat privé sans tabou et sans camouflage. Les convives ont apprécié.

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Jean-Louis Beffa, président directeur général de Saint-Gobain était notre invité du 20 novembre 2006. Il est l’auteur du rapport sur la politique industrielle de la France et a étudié avec lucidité et en profondeur les invariants de notre Histoire, l’environnement européen et mondial, les éléments stratégiques de l’activité industrielle de notre pays. La France a d’excellents atouts dans quelques domaines comme l’agroalimentaire, le luxe, le nucléaire, l’espace, le transport aérien, mais ne peut conduire une stratégie de force « à l’allemande » dans la production de biens historiques. Avec l’euro, la compétitivité de nos coûts industriels n’est plus soumise aux pressions des variations monétaires, et peut déraper sans risque de sanction immédiate. Une politique sélective de soutien des projets à fort potentiel est nécessaire. Ces projets prennent naissance surtout dans les PME, mais les grandes entreprises doivent jouer leur rôle d’encouragement indispensable, en concertation avec la recherche publique. Il faut des projets technologiques. Les ingénieurs, à tous niveaux de responsabilités, sont directement concernés. Jean-Louis Beffa voit l’avenir dans l’alliance de la compétence et de l’action.

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Rémi Krug était notre invité lors de la deuxième manifestation en province du cercle La Rochefoucauld le 16 octobre 2006 à Châlons-en-Champagne, avec le parrainage du Conseil général, dans le cadre du bicentenaire du Centre ENSAM. Sur le thème des valeurs fortes et durables, Rémi Krug, patron de la célèbre maison de Champagne, et ancien président du Comité Colbert, a levé le voile sur la pérennité de l’attrait pour le luxe, la démocratisation de l’accès aux belles choses et aux produits d’excellence. Sur fond de grande fresque historique retraçant les domaines où le luxe s’est développé, il a expliqué comment la prospérité économique a changé les codes par l’arrivée, depuis l’après-guerre, d’une nouvelle génération de consommateurs. Expliquant l’évolution par le jeu permanent des forces de tradition et de modernité, il a montré qu’elles se conjuguent pour forger le succès. La fidélité aux valeurs n’exclut pas l’expression du génie par l’audace. Krug a mis 140 ans pour oser présenter un champagne rosé. La maison prestigieuse ne fait pas l’impasse sur le choix rigoureux des récoltes parmi les 800 parcelles agréées, le vieillissement exceptionnellement long, le séjour en fût de chêne, l’art de l’assemblage. Mais les fûts de chêne sont nettoyés à l’eau sous haute pression et la production Krug est certifiée ISO 14001. Les convives ont apprécié en dégustant une
coupe offerte par Rémi Krug. Un grand moment de bonheur !

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Yvon Gattaz, président du CNPF de 1981 à 1986, était notre invité le 18 septembre 2006, pour une séance organisée avec le Clenam.
Y.Gattaz a rendu hommage à Jean Fourmentin-Guilbert (Pa46), notamment pour ses travaux sur le génome, qui auraient mérité, en France, plus d’attention de la part des pouvoirs publics. Y. Gattaz a publié six ouvrages, le premier en 1969, année où il n’y eut aucune création d’entreprise en France. Entrepreneur, sa vocation est née dès son premier contact avec une entreprise. Les 3 mots-clés de l’entreprise commencent par la lettre C : Création, Croissance, Conservation. Créateur, Yvon Gattaz savoure la joie d’entreprendre, de « se mettre à son conte » et fait partager sa passion pour l’entreprise,
créatrice de richesse, révélatrice de talents. L’entrepreneur se fait pédagogue ; il joue des mots, invente une communicationinnovante pour mieux fixer les idées. L’entreprise patrimoniale est la plus exaltante, mais c’est aussi la plus difficile àtransmettre. Dans une France nourrie par la peur du changement, rouillée par le scepticisme, Yvon Gattaz combat les peurs par l’humour et fait naître l’espérance par l’exemple. Il a créé ETHIC, puis Association Jeunesse et Entreprises (AJE) pour dire aux Français qu’entreprendre est un acte moral et utile. Académicien des Sciences morales et politiques depuis 1989, il
garde des souvenirs pittoresques de son mandat à la tête du CNPF. Il a dédicacé son livre sorti en mai 2006 « Mes vies d’Entrepreneur », éd. Fayard.

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Gilles de Robien, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a été notre invité le 25 avril 2006, jour où le Président de la République lançait les 6 projets phares de l’Agence de l’Innovation Industrielle, et le Premier Ministre la Commission Université-Emploi. Avec détermination et courage, à la tête du premier budget de dépenses de l’Etat, 76 Md €, dont 59 pour l’enseignement scolaire, G. de Robien ressent, pour l’école de la République, une obligation de résultat. Si l’école, en France, a relevé, depuis les années 1960, le défi de la quantité, elle bute sur celui de la qualité. Par entêtement idéologique de bon nombre d’enseignants (l’utopie de l’inversion des rôles entre le professeur et l’élève) elle échoue dans sa mission de promotion sociale. Le grand chantier de la formation des maîtres est prioritaire. Le respect mutuel doit être restauré et prendre rang dans la notation des élèves. Apprendre à lire aux jeunes est la première mission civile de l’Etat. Comme les autres pays européens, la France doit abandonner la méthode globale ; la circulaire du 3 janvier 2006 y pourvoit, n’en déplaise au « mammouth ». Le 2e chantier est le socle de connaissances, bagage que tout jeune de 16 ans sortant du système scolaire doit posséder, dans lequel G. de Robien veut mettre l’expérience du réel, par la découverte de l’entreprise, créatrice de biens, à raison de 3h de stage par semaine. L’entreprise doit aussi accueillir les maîtres, trop souvent enfermés dans une culture de « diabolisation » de l’entreprise et du marché. 3e chantier : la relance de l’éducation prioritaire. Le système de vœux et de mérite de carrière prive les ZEP d’enseignants expérimentés. Le Ministre incite 1000 professeurs aguerris à revenir vers les 249 zones qui attendent l’ascenseur social. Il salue à ce titre l’opération Optim de l’ENSAM. Le 4e chantier de G. de Robien vise à placer l’enseignement supérieur français dans la classe mondiale, par groupement des forces ; à travers le Pacte sur la recherche, qui est plus qu’une loi, il faut donner à l’université le goût de la compétitivité et de l’employabilité future des étudiants.

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"
Etre avant tout à l'écoute des attentes des clients ". C'est
le souci prépondérant de notre invité
du 21 février 2006, Jean-Martin Folz, président
du directoire de PSA Peugeot-Citroën, 6e constructeur mondial
avec 5.5% du marché. L'automobile est un marché fortement concentré.
Après la fusion originale Peugeot-Citroën (les 2 marques restent concurrentes),
PSA cultive les coopérations multiples qui permettent d'allonger les séries
en partageant les plate-formes et les motorisations, sans être prisonnier
d'une alliance exclusive. La possession d'une voiture fait rêver des milliards
d'humains, 80% des Chinois qui achètent une voiture achètent leur
1ère voiture. Sur 60 millions de voitures neuves vendues chaque année,
40 le sont aux USA, Europe de l'Ouest et Japon. Les 20 millions restant sont la
part qui croît le plus vite, le volume a doublé en 6 ans. Les clients
attendent la sécurité, la propreté vis à vis de l'environnement,
la diversité (avec 437 " silhouettes " sur le marché,
les Européens sont comblés). L'automobile est un facteur de liberté
individuelle. L'essai physique reste incontournable dans l'acte d'achat. Les concessions
de marques répondent mieux aux attentes du client que la distribution en
grande surface. Le diesel hybride est la formule la plus prometteuse parmi les
3 déclinaisons du véhicule électrique. J-M Folz l'annonce
dans moins de 5 ans. L'émission de CO2 baissera sous la barre des 100g/km.
L'automobile est une industrie lourde par l'investissement matériel et
intellectuel (plus de 5% du chiffre d'affaires en R&D). Avec 5 à 6%
de part de main d'uvre ouvrière dans les coûts de production,
la délocalisation n'est pas une obsession stratégique. Le transport,
la logistique, sont le premier facteur de rentabilité. PSA est le premier
employeur de gadzarts ; le groupe est aussi premier employeur de main d'uvre
en Alsace, Franche-Comté, Bretagne, Champagne. Le groupe est aussi équipementier
(filiale Faurecia), affréteur (GEFCO), banquier de ses concessionnaires
et de ses clients, PSA produit toujours des 2-roues motorisés. Après
6 années de domination de ses deux marques dans la compétition en
rallyes, PSA fait une pause et " laisse une chance aux autres constructeurs
" 
| | | L'invité
du 6 décembre 2005, Thierry Breton, ministre de l'Economie, des Finances
et de l'Industrie, conçoit sa mission au Gouvernement comme le difficile
redressement de la maison France. Partager
la même vision stratégique est la partie la plus facile de la tâche.
L'exécution en est la partie compliquée. La méthode de Th.
Breton passe par la mobilisation des acteurs et l'exploitation des " fenêtres
d'opportunité ", progressivement, sans reculer. La France vit depuis
25 ans au-dessus de ses moyens. La dette publique représentait 22% du PNB
en 1980, elle est passée à 66% en 2005. La dette n'est pas honteuse,
mais les Français doivent maintenant " se l'approprier ". Abaisser
l'âge de la retraite et la durée du travail ont été
des erreurs tragiques. Les Français actifs de la période 1980-2005
sont " la 1ère génération de l'histoire qui n'a pas
eu pour ambition que ses enfants et petits-enfants vivent mieux ". Dire la
vérité. La charge d'intérêts de la dette est 50Md €,
autant que la recette de l'impôt sur le revenu. Si les taux passaient de
2 à 4%, il faudrait doubler l'impôt pour rattraper l'équation.
Bâtir la confiance sur la vérité. L'économie d'un pays
n'est pas une entreprise, mais le redressement, dans les deux cas, passe par l'abaissement
des coûts et l'augmentation de la productivité. Expliquer pourquoi
il faut réformer l'Etat, revenir sur les décisions qui fabriquent
de la dette, céder des actifs non stratégiques, faire " exploser
" cette dialectique ruineuse qui veut " sauver l'acquis à tout
prix ". La dette n'a pas fini d'alimenter le débat public. Les mentalités
doivent évoluer. Abandonner l'illusion de l'acquis impérissable.
Accompagner le changement en le rendant attrayant. Savoir récompenser ceux
qui économisent l'argent public à tous les échelons. Le non
à l'Europe est un coup dur, mais la France peut remonter la pente. Le redressement
est un combat de conscience et de courage. 
|  | | Jean-Cyril
Spinetta, président
d'Air France-KLM, invité du 9 novembre,
à Toulouse· C'était la première réunion
du Cercle hors de Paris. L'invité d'honneur Jean-Cyril Spinetta, président
d'Air France-KLM, patron de la première compagnie aérienne mondiale
par le chiffre d'affaires, s'est montré grand pédagogue de la connaissance
du métier et des bonnes pratiques de management d'une entreprise de cette
spécialité, de cette taille et de ce rang. Le transport aérien
est un métier de service, en forte croissance : + 5% par an en trafic
passagers, + 6 à 7 % pour le fret. Acteur de l'internationalisation,
il favorise la libéralisation des échanges. Une compagnie aérienne
utilise intensément la ressource humaine (25 à 30% de ses coûts)
et aussi l'investissement en capital. Le maintien à niveau de la flotte
de plus de 500 avions, plus l'alimentation de la croissance, exigent l'achat annuel
de 40 à 50 avions neufs, soit 1.5Md € d'investissement, pour un chiffre
d'affaires de 12Md €. Les banques financent sans difficulté. Il s'agit
d'actifs mobiles, négociables. La profession est totalement libéralisée
en Europe depuis l'acte unique de 1993. Il n'y a aucune barrière à
l'accès à la profession. Le bien stratégique des compagnie
se sontsurtout les droits de trafic, gérés par les Etats. Dans ce
contexte libéralisé, les regroupements sont vitaux. La qualité
du réseau commercial d'une compagnie est son arme concurrentielle.
La production n'étant pas stockable, les retournements de conjoncture sont
cruels. Le réseau doit viser à répartir les risques géographiques.
La politique de hub est incontournable depuis les années 1990. En y venant
en 1996, plus tard que KLM, Lufthansa, .. Air France a souffert d'un handicap,
maintenant remonté. En 1997, Air France avait 11% du marché européen,
à peine plus que KLM, loin derrière British Aerospace (23%) et Lufthansa
(16%). En 2005, les parts sont : Air France 17%, Lufthansa 17%, British Aerospace
16%, KLM 11%. Ensemble, Air France et KLM cumulent 28%, au-dessus de la barre
des 25%. La croissance n'est justifiée que si elle est rentable. Air
France est la seule compagnie qui affiche des gains depuis 1998. Jean-Cyril
Spinetta a réussi le redressement, tout en réalisant la privatisation,
condition préalable à la fusion avec KLM et à l'entrée
dans les systèmes d'alliances. L'Etat n'a plus que 18% du capital. Contrairement
à une idée reçue, le personnel n'est pas mieux protégé
dans une entreprise nationale que dans une privée. Avec son industrie
aéronautique et son transport aérien, la France dispose d'un atout
mondial de choix. Cet atout doit être valorisé et joué.
La condition : rester concurrentiel, c'est-à-dire, baisser constamment
les coûts. Une vision morale de J-C Spinetta (petit-fils de gadzarts) :
la Compagnie ne demande plus rien aux pouvoirs publics, ce serait indécent,
ils ont d'autres priorités. 
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Louis
Schweitzer, président
de Renault, invité
du 29 septembre 2005, · " Construisez d'abord vos bases,
et qu'elles soient solides ", tel est le conseil que donne Louis
Schweitzer à ses cadres, à tous les cadres. Qu'il l'ait goûté
en décideur anonyme dans l'ombre d'un Premier ministre, ou en patron exposé
aux feux du public, à la tête de Renault, entreprise symbole, Louis
Schweitzer a trouvé le pouvoir exaltant. Sa capacité d'analyse hors
du commun, sa vision très sûre, reposent sur une éthique rigoureuse,
sa " base ", fondée sur deux piliers : l'interdépendance
de la réussite économique et la réussite sociale
; l'une ne peut se passer de l'autre, et l'indissociable
lien entre le respect de la morale et sa projection sur le long terme.
Réaliste, il déplore la tendance des entreprises d'enrichir sur
le court terme les seuls actionnaires, mais reconnaît que bien peu résistent
à la tentation d'empocher une plus-value de 30%. Fervent européen,
il a, sur l'impulsion donnée par Georges Besse, et après l'élan
donné par son prédécesseur Raymond Lévy, orchestré
le redressement de Renault, que beaucoup voyaient condamnée, vers un des
tout premiers rangs européens. Louis Schweitzer est convaincu que l'industrie
automobile peut et doit rester en France et en Europe. C'est sur cette base forte
qu'un grand constructeur peut envisager la conquête d'autres marchés,
conquête difficile, qui requiert de l'audace. Louis Schweitzer aime les
paris raisonnés, ceux dont l'échec éventuel ne mettra pas
en péril l'entreprise. Paris sur les modèles : l'Espace, le Scénic,
la Logan, paris sur les alliances : Nissan, Samsung, Louis Schweitzer les a réussis
parce qu'il a su convaincre ses collaborateurs et bien choisir ses lieutenants.
Dire la vérité et la faire partager, construire la culture d'entreprise,
indispensable terreau de la croissance, sur l'association de tous aux échecs
comme aux succès. Vérité sur la performance : coût,
délai, qualité car, masquer les problèmes en interne et à
l'extérieur est un mauvais calcul. Le prochain défi de l 'automobile
? respecter l'environnement. Son prochain défi ? ses combats dans Win in
France et surtout, contre les discriminations (la Halde). 
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L'invité
du 4 juillet 2005, Pierre Bellon, a acquis la célébrité
par d'autres voies que la politique ou la grande industrie. Ses recettes d'entrepreneur
sont : une stratégie de croissance de l'entreprise qui doit satisfaire
à la fois ses clients, son personnel et ses actionnaires, sans consommer
de capital ni s'endetter (l'activité de services contraste en cela avec
l'industrie lourde) ; une idée fixe d'améliorer constamment la qualité,
en se gardant de la suffisance qui serait héritée du culte de l'excellence
(la qualité, en restauration collective, est une marque de respect pour
les usagers) ; le développement du lien affectif, bâti sur les valeurs
partagées, entre les personnes et l'entreprise qui les emploie (l'esprit
de service associé à l'esprit d'équipe améliore la
qualité de vie au quotidien) ; la maîtrise financière de la
croissance " une entreprise qui ne grandit pas meurt, une entreprise qui
grandit trop vite peut faire faillite "
Des accents éthiques
que ne renierait pas Claude Bébéar, lui qui veut moraliser le capital
pour le sauver. Pierre Bellon, lui, a créé un empire presque sans
investir, donne de l'emploi à plus de 300000 personnes, presque sans avoir
consommé de capital. Avec lui, les services ont trouvé leurs lettres
de noblesse. Sa foi, Pierre Bellon la fait partager, il a milité chez les
jeunes dirigeants avant de le faire au Medef. Il sait que l'on n'obtient rien
sans prendre de risques, s'insurge contre la fonctionnarisation, en France, du
pouvoir législatif et la prolifération démesurée des
lois sans application réaliste. La réussite tient dans le léger
avantage de la somme des succès sur la somme des erreurs ; la réussite
d'aujourd'hui n'est pas garante de l'avenir, il faut " se battre tout le
temps ". Foi, courage, compétence, détermination et modestie
un cocktail bien au goût des gadzarts. 
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| | | Le
24 mars2005, le
Président et Directeur Général de TCL,
Dong Seng (Tomson) LI a
été notre 19ème invité. Président
et Directeur Général de TCL, Dong Seng (Tomson) Li fait partie de
cette poignée d'Industriels qui sont à l'origine et les acteurs
de la mutation industrielle mondiale de ce début du XXIe siècle.
Créateur d'entreprise avec un prêt de quelques milliers de dollars,
il a construit en 20 ans, en s'appuyant sur les réformes de Deng Xiao Ping,
un des plus importants conglomérats high tech de Chine, et a créé
la première entreprise mondiale de télévision avec Thomson.
Le modèle a été imité par IBM et Lenovo dans les ordinateurs
personnels. Tomson Li a été cité en 2004 par Time Magazine
parmi les 100 hommes d'affaires les plus influents dans le monde. En duo avec
Charles Dehelly, Tomson Li a parlé
de son histoire, de sa vision de l'évolution industrielle du monde, des
opportunités pour nos entreprises en Chine, des forces et des faiblesses
de la Chine, de l'Europe et de la France, pays qu'il aime (il a été
décoré de la Légion d'Honneur par Jacques Chirac). L'envie
de posséder des biens a mis les Chinois dans une dynamique d'efficacité
de production. La Chine est bien l'usine du monde, pour longtemps. Mais la coopération
avec les nations doit être paisible et confiante. La Chine est très
différente du Japon. Les relations des deux pays sont en progrès.
Les Chinois sont séduits par le modèle américain. Ils veulent
faire plus et mieux qu'eux. Le travail et l'entreprise passent avant la famille,
la culture et les loisirs. Les Européens sont créatifs, mais le
travail n'est pas pour eux une priorité. 
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| | | Le
17 janvier 2005, le
Recteur de la Mosquée de Paris,
Dalil BOUBAKEUR,
a été notre 18ème invité. Formé
à Alger avant l'indépendance, D. BOUBAKEUR connaît en profondeur
l'histoire de France et la culture de la nation française. Son propos relève
une certaine nostalgie de l'époque où celle-ci s'étendait
"de l'Atlantique à la Tripolitaine". Les grandes invasions qui,
sur le continent européen, ont succédé à l'empire
romain, n'ont pas de secret pour lui. Les croisades ont dramatisé les relations
des peuples d'Europe avec le monde musulman. Deux siècles plus tard, François
1er s'entend avec Soliman le Magnifique qui a repris Jérusalem. Ce sera
le début d'une riche veine d'orientalisme en France, jusqu'à la
campagne d'Egypte par Bonaparte, et l'histoire de la civilisation arabe par Renan.
Après l'indépendance de l'Algérie, la grande vague d'immigration
mahgrébine vers la France est surtout économique. En 1962, il y
a 1 million de musulmans dans l'hexagone, en 1975, 2 millions; la loi sur le regroupement
familial, a accentué le flux; aujourd'hui, la population musulmane atteint
4 millions. La revendication des années 80 (le droit à la différence)
fait place à celle de l'identité, enjeu essentiel. Français
d'abord ou musulman d'abord ? Pour D. Boubakeur, le fondamentalisme est une erreur
historique. Le culte doit entrer dans la vision républicaine. L'avenir
se construit par l'éducation et l'intégration des jeunes. Nul besoin
de discrimination positive. Il ne faut pas changer les lois de 1905 sur la laïcité.
La laïcité à la française est plus riche que la sécularité
des pays qui nous entourent. Il faut soutenir l'intégration, antidote de
la violence. Le Recteur obtient l'adhésion de ses imams. Il se soumettra
prochainement au vote de ses fidèles. Une belle démonstration d'humanisme
et de culture. 
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| | | Le
16 septembre 2004,
le Ministre délégué à l'Industrie
Patrick Devedjian,
a été notre 17ème invité. Fils
d'ingénieur et avocat de profession, les réalités de l'industrie
ne lui sont pas étrangères. Pour lui,avancer est la plu sûre
façon de prouver que l'on ne recule pas. Pour cela, il faut anticiper,
par une innovation centrée sur son secteur de compétence. Notre
avantage compétitif est dans la création, féconde dans l
terreau des pôles de compétitivité. La recherche doit rester
proche de la production qu'elle irrigue. La liaison industrie université
(et grandes écoles) fournit les moyens d'anticiper. Les reproches adressées
par Bruxelles au gouvernement français à propos de son "interventionnisme"
ne sont pas justifiés. Un gouvernement ne peut juridiquement pas s'immiscer
dans les décisions stratégiques des entreprises. Son rôle
est d'encourager et d'ajuster les moyens qui dépendent de lui et de stimuler
le marché intérieur, moteur de l'économie. Le concept de
politique industrielle, autrefois honni à Bruxelles parce que mal compris,
progresse maintenant au sein de l'Union Européenne. Le choix du gouvernement,
en 1974, de promouvoir la filière nucléaire a permis de réduire
d'1/3 la dépendance énergétique de la France. Les grands
projets sont nécessaires à notre pays. ITER donne l'occasion de
tirer parti d'une avance technologique acquise. Mais l'Etat n'a pas fait que de
bons choix. Les 35h lui coûtent cher et l'interdiction de travailler au-delà
d'un quota est une exception française qui nuit à la compétitivité
de notre production. 
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| | | Le
2 juin 2004,
le 16ème invité d'honneur du Cercle était
Claude BEBEAR, fondateur et président du conseil
de surveillance d'AXA, créateur et président de l'institut Montaigne. Témoin
de graves dérapages dans le monde de la finance, il a montré dans
son ouvrage Ils vont tuer le capitalisme, écrit avec Philippe Manière,
comment la frénésie du profit rapide consacre le divorce entre la
société civile et l'entreprise. Les fautifs sont les analystes téméraires
et les professionnels comme les banquiers qui leur font une confiance aveugle,
et qui étranglent les entreprises pour des motifs articficiels. L'opinion
est induite en erreur par des journalistes qui abusent de leur pouvoir et ne répondent
devant personne. Les juges qui se trompent n'encourent aucune sanction. Les auditeurs
ne sont pas assez indépendants des administrateurs et des dirigeants. Il
faut aux actionnaires une information plus limpide et plus sûre, et que
les auditeurs disposent davantage de moyens pour bien faire leur travail. Faire
échec à la spéculation, se débarasser des pratiques
truquées, restaurer la démocratie de décision au sein des
assemblées générales d'actionnaires : c'est un vaste chantier
dont les résultats ne seront pas immédiats. L'Institut Montaigne
y travaille. 
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Mercredi
24 mars 2004, Francis Mer, Ministre de l'Economie, des
Finances et du Budget fut notre 15ème invité. Ingénieur,
entrepreneur et pragmatique, Francis Mer apporte une vision concrète de
l'avenir de la France et des évolutions nécessaires pour que notre
pays garde son rôle prépondérant. La rencontre qu'il a offert
aux gadzarts fut riche et parfaitement interactive : la conduite des réformes,
dont celle de l'Etat, la baisse de la fiscalité pour redonner des forces
aux entreprises et des raisons d'investir dans l'industrie de notre pays, le retour
attendu de la croissance, l'élargissement à 25 Etats de l'Union
européenne et la nouvelle donne en termes de compétitivité,
ces questions ont été posées à Francis Mer. Il y a
répondu avec franchise et clarté, permettant à chacun de
mesurer l'ampleur du travail à fournir. "Il est temps de faire
reconnaître l'entreprise comme facteur de richesse et garant de niveau de
vie, au lieu de diaboliser son image" et d'agir pour qu'elle puisse être
un réel générateur de richesse , de travail et d'évolution.
Ca passera par des réformes, certes impopulaires mais nécessaires
: réformes des retraites, réforme de la Fonction publique, développement
de la compétitivité des entreprises. "Le monde est devenu
un marché unique. Les querelles de barrières douanières sont
illusoires et dépassées. Dans un environnement qui bouge, il faut
adopter de nouveaux comportements de gestion. Il faut savoir exploiter une crise
pour la transformer en opportunités. |
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| | | Vous
lirez le reportage complet du Cercle Larochefoucault dans le prochain numéro
d'Arts et Métiers Magazine | | | |
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| | Le
13 janvier 2004, le 14ème invité d'honneur du Cercle
était le Ministre de l'Intérieur Nicolas
Sarkozy. L'affluence a battu un record : 260 convives. La personnalité
politique la plus médiatique de France a passionné son auditoire.
N. Sarkozy fait de la politique parce qu'il la croit indispensable pour changer
les choses. Il a foi dans un rassemblement large au-delà du clivage gauche-droite.
Communiquer clairement ses intentions, puis agir, telle est sa démarche.
Pour bien assumer ses responsabilités, le pouvoir ne doit pas se diluer
dans la cogestion. La bataille de la sécurité est la démonstration
de son dynamisme. Il place le mérite en tête des vertus républicaines,
devant l'égalité. Il préfère parler de l'équité,
c'est-à-dire l'égalité des chances, plutôt que l'égalité
de traitement qui décourage l'effort. Il justifie la "discrimination
positive", par le devoir qui incombe à la République de corriger
le handicap inhérent à la naissance. Il veut remettre en marche
l'ascenseur social. La justice, c'est donner à chacun sa chance, notamment
après l'échec. N. Sarkozy est convaincu que la France doit rester
un pays d'immigration. Nous devons apprendre a accueillir ceux qui sont porteurs
d'un patrimoine culturel différent, montrer que, s'ils sont respectueux
de la loi, la République fera plus pour eux. Comment être "ferme
mais juste"! C'est ce que le Ministre a exposé avec ardeur et conviction. |
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| | | Vous
lirez le reportage complet de ce moment particulier dans Arts et Métiers
Magazine de Janvier-Février 04 | | | |
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Le 22 octobre 2003,
l'invité d'honneur était Claudie HAIGNERE,
Ministre délégée à la recherche et aux nouvelles technologies.
Elle a révélé cette phrase prophétique du duc de La
Rochefoucauld-Liancourt : "la carrière de l'industrie est le champ
où vont désormais combattre les nations trop longtemps déchirées
par de sanglants combats", puis elle a situé avec précision
les chiffres de la recherche en France. L'effort actuel représente 2,2%
(non pas 1,9), dont 1,2% de la part privée. L'objectif est qu'en 2010,
l'effort atteigne 3%, avec un objectif intermédiaire à 2,6% en 2006.
La répartition des apports est de 55% du privé, 45% du public ;
il faudrait qu'elle devienne 2/3 privé, 1/3 public, comme chez nos principaux
concurrents. C'est donc d'abord, selon la Ministre, l'effort du privé
qui doit être accru. Le dynamisme économique de notre pays en dépend.
Claudie Haigneré, a élaboré, avec la Ministre de l'Industrie,
un Plan innovation qui va doubler la dotation du crédit impôt recherche
(près d'1 milliard €). Le nombre d'entreprises éligibles sera
multiplié par sept! L'investissement entrera dans le périmètre
de ce crédit. Les jeunes entreprises innovantes bénéficieront
de nouvelles exonérations. Les 4 domaines prioritaires sont : la recherche
médicale (cancer, handicap, maladies infectieuses), les actions concrètes
internationales répondant aux critères du développement durable,
la gestion des ressources alimentaires (notamment l'eau), la diffusion des savoirs
scientifiques. Cl. Haigneré veut que nos chercheurs, en France et en Europe,
développent une culture de résultat et des partenariats public-privé.
Elle veut attirer en France les meilleurs chercheurs au monde ; elle reconnaît
la réussite des grandes écoles à cet égard. Débarrassé
de ses lourdeurs et de ses rigidités, notre système peut rivaliser
avec celui des Américains, sans se cantonner à une banale imitation.
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Le 1er juillet 2003,
l'invité d'honneur était Renaud DUTREIL,
Secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce, à l'Artisanat et aux Professions
libérales.
Rappelant que le fondateur de notre Ecole, grand philanthrope, visionnaire, fut,
lui aussi un frondeur, Renaud Dutreil se montra très à l'aise au
dialogue avec les gadzarts, fils spirituels du duc de La Rochefoucauld-Liancourt.
Le combat pour les entreprises est un combat culturel, qui commence par une révolte
contre l'apathie ambiante. L'éducation nationale ne doit plus "tourner
le dos aux entreprises". 250 métiers répertoriés vont
être réhabilités. Comment? En imitant les processus qui donnent
du résultat : la formation en alternance, l'apprentissage dès 15-16
ans. La société industrielle française est bâtie sur
le modèle du salariat ; il faut promouvoir la culture d'entrepreneur. Le
patrimoine d'entreprise, s'il est français, doit être incité
à rester en France. Renaud Dutreil n'envisage pas moins que ramener le
taux de taxation des plus-values de cession de 26% à 0%. Il veut encourager
la mobilisation de "capital direct", en recyclant l'épargne dans
le territoire où elle se collecte (fonds d'investissement de proximité
- FIP). Des incitations fiscales aux personnes physiques seront soigneusement
étudiées. Les "jeunes pousses" profiteront des mesures
à venir. Il n'y a pas assez d'entreprises individuelles en France. R. Dutreil
se propose de mieux les sécuriser, par modulation du niveau de capital
souscrit et simplification des procédures. Renaud Dutreil veut faire entrer
l'entreprise dans le modèle de pensée morale de la société
française. Nous lui connaissions la passion et l'ambition pour cela. L'échange
du 1er juillet nous a montré qu'il en a aussi la force de conviction et
le talent.

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Le 29 avril 2003,
l'invité d'honneur était, pour la première fois, un
Commissaire européen : Michel BARNIER,
petit-fils de Jules Barnier (Aix 1896 ).La rencontre de Gaulle-Adenauer,
en 1963, a fait naître sa vocation : il sera gaulliste et européen.
Construite sur un socle économique, cimentée par la " réalpolitique
", l'Europe a été créée pour servir la paix.
Le 1er défi est immense : à 6 états, puis à 9, 12,
15
bientôt 25, l'Union doit inventer son mode de fonctionnement, fabriquer
ses règles qui tiennent compte des identités et des cultures, pour
que les états acceptent de mettre en commun une partie de leurs pouvoirs
et qu'ils partagent les responsabilités. Le 2e défi est celui de
l'élargissement ; trouver des projets auxquels tous les membres adhèrent
; démarrer une histoire commune. Le 3e défi est de faire prévaloir,
auprès des pays qui rejoignent, le modèle social du noyau fondateur.
Le 4e défi est celui de la monnaie : l'euro, qui doit reposer sur une économie
cohérente. En plus de ces défis internes, il y a les défis
venant de l'extérieur : le commerce, les échanges, la compétitivité,
la faiblesse démographique dans un monde en expansion (dans 30 ans, l'Europe
aura perdu 40 millions d'habitants, "alors que la population se sera accrue
de 140 millions de l'autre côté de la Méditerranée.
Dans un monde dominé par une seule superpuissance, l'Europe doit apprendre
à parler d'une seule voix, faire entendre qu'elle ne se résume pas
à un " supermarché ". Passionnément ouvrier de
la construction européenne, Michel Barnier préconise une Europe
politique. Les destins politiques de la France et de l'Europe sont maintenant
liés ; Michel Barnier en est un patriote.

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Le
21 janvier 2003,
le Cercle a accueilli pour la première fois un gadzarts en invité
d'honneur : Jean-François DEHECQ (Li58), PDG de
Sanofi-Synthélabo. Le groupe vient de fêter ses trente
années d'existence. Jean-François Dehecq, qui en est, avec René
Sautier, le fondateur, compte bien s'appuyer encore sur la stratégie et
le style de management qui l'ont conduit au succès. Le groupe issu du rapprochement
d'une vingtaine de laboratoires français a fait largement prospérer
la mise de fonds initiale : le milliard de dollars investi en vaut aujourd'hui
plus de 50. Le plus célèbre des gadzarts patrons a cultivé
l'authenticité et le respect des personnes comme une règle de relation
humaine. La formation Arts et Métiers lui a donné "un espace
de liberté fabuleux". Il y a forgé les armes de sa réussite,
faite de conquêtes sur l'ignorance, sur la suffisance et la pusillanimité.
Son entreprise fait largement mieux que résister dans un métier
dominé par les puissants groupes américains. Elle innove, elle progresse
(croissance à 2 chiffres), elle prend de l'avance technologique. Le
rôle social de l'entreprise ne peut être rempli que si elle est profitable.
Le groupe vit de la recherche, un effort permanent qui mobilise 6000 chercheurs
motivés par le besoin de résultat, qui pérennise sa rentabilité.
Le marché des médicaments est mondial. L'allongement de la durée
de la vie en fait croître fortement la demande. L'éthique de Jean-François
Dehecq le guide dans une vision originale de l'accès équitable aux
médicaments pour toutes les populations du monde. Les grands groupes comme
le sien pourraient contrôler la fabrication de produits génériques
et les garantir. Encore faut-il empêcher la diffusion de ces produits vers
les marchés des pays riches qui peuvent s'offrir des médicaments
de marque au prix fort. Audace et humanisme : deux vertus que Jean-François
Dehecq fait siennes, et qui font honneur au fondateur de l'Ecole : le duc de La
Rochefoucauld-Liancourt.
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Luc
Ferry,
Ministre de l'Education Nationale | |
Le 5 décembre 2002, le Ministre de la jeunesse, de
l'éducation nationale et de la recherche Luc FERRY, devant une
salle comble, a exposé sa conception de l'éducation et de la politique
qu'il se propose d'appliquer pour lutter contre l'analphabétisme, dont
les statistiques sont alarmantes, faire échec à la violence scolaire,
redonner confiance aux enseignants que cette violence décourage, inverser
la tendance au déclin des vocations scientifiques, réorganiser son
ministère autour du thème de la qualité. Sa méthode
est celle d'un politique lucide, en parfaite harmonie avec les convictions du
philosophe. Luc Ferry entend résister au "mythe de la grande réforme".
Sa lutte contre l'échec scolaire est aussi la thérapie de la "fracture
scolaire". L'effet combiné des réformes de 1959 (la scolarité
obligatoire jusqu'à 16 ans), et de 1975 (le collège unique) explique
en grande partie cette fracture. Un moyen de la réduire est de réintroduire
un "dosage intelligent" d'enseignement professionnel dans le secondaire,
avec recours à l'alternance. Ce système est lancé : cours
le matin, pratique l'après-midi ; 28000 collégiens en bénéficient
déjà. Si beaucoup d'élèves décrochent parce
qu'ils trouvent ennuyeux l'enseignement général, l'expérience
en cours a pour ambition de redonner l'envie d'apprendre. Entre la "diabolisation"
de la science héritée du moyen âge, et les espoirs disproportionnés
qu'elle a inspirés au siècle des lumières, il y a place pour
le travail et l'humilité. "Faire plutôt qu'annoncer", telle
est la ligne de conduite du nouveau ministre.
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Jean-Claude
Trichet,
Gouverneur de la Banque de France, Daniel
Rapenne (Ch.156) et Yves Rouvillois (Li.164) | | | Le
27 juin 2002, Jean-Claude TRICHET, Gouverneur de la Banque de France, était
notre 8e invité d'honneur, vingt mois après la séance inaugurale.
Ingénieur civil des Mines, licencié d'économie, diplômé
de l'Institut d'Etude Politiques de Paris et de l'Ecole Nationale d'Administration,
J-C Trichet a été conseiller de René Monory, de V. Giscard
d'Estaing, Président de la République. Il a été directeur
de cabinet d'Edouard Balladur, directeur du Trésor, gouverneur au FMI,
Gouverneur de la Banque Mondiale, président du comité monétaire
européen. Il est Gouverneur de la Banque de France depuis 1993. Sans faire
de révélations, que lui interdisent ses hautes fonctions, J-C Trichet
a su, avec un talent exceptionnel, passionner l'auditoire par l'éclairage
qu'il a donné sur la conjoncture, en France, en Europe, aux Etats-Unis
et dans le monde, sur les différences de cycles économiques dans
les différentes zones, avec des chiffres précis. Il a passé
à la loupe le moteur de la croissance et les flux qui l'alimentent, les
différences de comportement entre la France, dont le "peuple souverain"
prononce ses arbitrages en faveur de la protection, alors que les Etats-Unis le
font en faveur de la croissance qui crée de l'emploi. Il a rappelé
qu'en 1978, lorsque René Monory a libéré les prix, la démocratie
d'opinion nous a conduits au bord de la révolution. |
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Il a fallu re-taxer. La libéralisation progresse cependant, mais il y a
de fortes résistances. J-C. Trichet prône une pédagogie appliquée,
car il croit la France capable de réformes. Il se prononce pour le respect
des règles essentielles, comme l'équilibre des comptes publics,
en utilisant l'arme budgétaire. J-C Trichet a parlé de l'euro, de
la stabilité monétaire qu'il a apportée, de ses chances de
devenir une grande monnaie mondiale. Dans un système de change, soumis
à la loi de l'offre et de la demande, le mécanisme régulateur
(le G7) est à l'écoute du marché, et lui envoie des signaux.
Tout l'art consiste à contenir la fluctuation dans un intervalle balisé.
De profonds changements vont intervenir en France: (démographie, départs
massifs à la retraite. Les recettes pour l'avenir: développer les
activités à forte valeur ajoutée, plafonnement raisonnable
des contributions sociales, rémunération progressive des jeunes
au travail, dès l'âge de 15 ans, compléter la formation par
l'apprentissage utile.
Le
22 mai 2002, Bertrand COLLOMB, président directeur général
de Lafarge,
nous a parlé de son engagement pour le développement durable. Il
a rendu hommage à Y-R Nanot, (An55), son principal concurrent, à
la tête de Ciments Français, qui partage cet engagement. Le souci
du développement durable date des années 1970, à une époque
où 2% de la production de ciment s'échappait par les cheminées.
Suite à une volonté politique, en France, le problème a été
résolu en 10 ans. Gros consommateurs d'énergie, les cimentiers ne
peuvent rester indifférents au doublement, tous les vingt ans, de la quantité
globale de CO2 rejeté. Lafarge, créée en 1833, a une tradition
d'éthique et d'humanisme. Son rapport annuel de 2001comporte trois volets:
performance économique, sociale et environnementale. L'environnement est
présenté en premier, avant l'éditorial. C'est d'abord un
impératif stratégique ("montrer que ce que l'on fait va plutôt
dans le sens de solutions que celui des problèmes"). Cette politique
est ensuite tournée en avantage concurrentiel, même si les aspects
coûts et contraintes restent incontournables. La capacité à
terme de contenir les nuisances doit faire partie de l'investissement de départ.
Le partenariat avec des ONG (par ex WWF) n'est pas de façade. Lafarge a
pris des engagements précis, mesurables. Le développement durable
oblige l'entreprise à revoir sa méthode de travail, non plus en
vase clos, mais avec l'extérieur. Il élève le niveau de conscience.

Le 5 février 2002, Nicolas
BEYTOUT, directeur de la rédaction du quotidien Les Echos,
a présenté son diagnostic de l'économie française.
Plus qu'un diagnostic, c'est un cri d'alarme. Pour Nicolas Beytout, l'opinion
française évalue mal la nature et le siège des vrais risques
économiques. Ne pas appliquer une politique des fonds de pension est un
vrai risque. La fuite de l'investissement hors de France es
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