Edito
Société des Ingénieurs Arts et Métiers  
Visiteur  
Rechercher
 Accueil
 Rendez-vous...
 Services
 Emploi & Carrières
 Histoire et Patrimoine
 L'Ecole
 La Fondation
 Fondation et Mécénat
 Espace presse
 Loisirs
 Initiatives
 Le Prix Nessim Habif
 Adhérer à la Société
 Arts et Métiers Magazine
 Gpes Professionnels
 Contacts
 Plan du site
 Accès sociétaire
 Demande Accès Elèves
Le Cercle de la Rochefoucauld

 
 
Le Cercle de la Rochefoucauld regroupe 500 Ingénieurs des Arts et Métiers, dirigeants de grandes et moyennes entreprises. Depuis la reprise de ses activités, en juillet 2000, le Cercle La Rochefoucauld a reçu, successivement, comme invités d'honneur à ses dîners débats
 
  • Le 25 juin 2008 : Christophe De Margerie - Directeur Général de Total
  • Le 5 juin 2008 : Valérie Pécresse - Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
  • Le 5 février 2008 : Geoffroy Roux de Bézieux - Président de Croissance Plus et de Virgin Mobile
  • Le 16 octobre 2007 : Michel Destot - Président des Maires des grandes villes de France
  • Le 19 juin 2007 : Charles Begbeider, président directeur général de Poweo - vice-président du Medef
  • Le 28 mars 2007 : Stéphane Rozès, directeur de l'institut de sondage "CSA Opinions"
  • Le 6 février 2007 : François Chérèque , secrétaire général de la CFDT
  • Le 20 novembre 2006 : Jean-Louis Beffa , président directeur général de Saint-Gobain
  • Le 16 octobre 2006 : Rémi Krug, Rémi Krug, patron de la célèbre maison de Champagne, et ancien président du Comité Colbert,
  • Le 19 septembre 2006 : Yvon Gattaz, ancien président du CNPF, de 1981 à 1986, académicien des sciences morales et politiques depuis 1989.
  • Le 25 avril 2006 : Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
  • Le 21 février 2006 : Jean-Martin Folz, président de PSA Peugeot-Citroën
  • Le 6 décembre 2005 : Thierry Breton, ministre de l'Economie et des Finances
    Le 9 novembre 2005 : Jean-Cyril Spinetta, Président d'Air France
  • Le 29 septembre 2005 : Louis Schweitzer, Président de Renault
  • Le 4 juillet 2005 : Pierre BELLON, Président de Sodexho-Alliance
  • Le 24 mars 2005 : Dong Seng (Tomson) Li, Président de TCL
    Le 17 janvier 2005 : Dalil BOUBAKEUR, Recteur à la Mosquée de Paris

    Le 16 septembre 2004 : Patrick DEVEDJIAN, Ministre délégué à l'Industrie
  • Le 2 juin 2004 : Claude BEBEAR, Fondateur et Président du conseil de surveillance d'AXA, créateur et président de l'institut Montaigne
  • Le 24 mars 2004 : Francis Mer, Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie
    Le 13 janvier 2004, Nicolas SARKOZY, Ministre de l'Intérieur
    Le 22 octobre 2003 : Claudie HAIGNERE, Ministre Délégué à la recherche et aux nouvelles technologies
    Le 1er juillet 2003 : Renaud DUTREIL, Secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce, à l'Artisanat et aux Professions libérales
    Le 29 avril 2003 :Michel BARNIER, Commissaire européen
    21 janvier 2003 : Jean-François DEHECQ (Li. 58), PDG de Sanofi-synthelabo
    Le 5 décembre 2002 : Luc FERRY, Ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
    Le 27 juin 2002 :Jean-Claude TRICHET, Gouverneur de la Banque de France
    Le 22 mai 2002 : Bertrand COLLOMB, Président Directeur Général de Lafarge
    Le 5 février 2002 :Nicolas BEYTOUT, Directeur de la rédaction du quotidien Les Echos
    Le 27 novembre 2001 :Michel DIDIER, Directeur général de Rexecode, analyste de la conjoncture
    Le 4 juillet 2001 :Denis KESSLER, Vice-Président du MEDEF
    Le 4 avril 2001 :Laurent FABIUS, Ministre de l'Economie, des Finances, et de l'Industrie
    Le 7 décembre 2000 :Nicole NOTAT, Secrétaire Générale de la CFDT
    Le 18 octobre 2000 : le Président du Sénat Christian PONCELET

 


   

Le directeur général de Total Christophe de Margerie a été l’invité d’honneur le 25 juin 2008. La vision du patron d’une des 5 grandes compagnies pétrolières mondiales est de s’intéresser à toutes les formes d’énergie, à l’approvisionnement futur de toutes les régions du monde, en prenant toute la mesure de leurs besoins, des réalités politiques, environnementales et technologiques. L’exploitation des sables et des schistes est difficile et contraignante, car la remise en état des sites est obligatoire. Le solaire, avec l’emploi massif du silicium, est dangereux pour l’environnement. Cette source ne suffira pas seule à compléter le manque d’hydrocarbures. La biomasse de 2e génération n’est encore qu’une promesse. Le nucléaire est la seule solution sérieuse. Total cherche des solutions pour faire consommer moins. Les plus grands centres de recherche sur l’environnement sont dans les pays du Golfe. Pour Chr. de Margerie, parler de spéculation en ce moment, où un seul pays, l’Arabie Saoudite, a les moyens d’augmenter sa capacité de production est un non sens. Les pays émergeants ont droit à leur croissance. L’économie mondiale en profite. Le Pétrole est un beau métier. Il y a encore du travail pour les ingénieurs, hommes et femmes, pour longtemps. L’éthique de Chr. de Margerie se décline en 4 comportements : l’écoute, la solidarité, la « transversalité », l’audace.

 

Le Cercle a reçu, le 5 juin 2008, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Menant son action politique dans une logique de « débureaucratisation », elle promeut l’autonomie pour ajouter à la formation et à la recherche (les deux missions de base de l’université) une 3e mission : l’insertion professionnelle. Les moyens sont accrus : + 50% de dotation gouvernementale, et recours au mécénat. Moins d’idéologie, plus de concret : la ministre appelle les mécènes, particuliers et entreprises, à s’investir dans l’enseignement, à vaincre la méfiance réciproque entre le monde de l’université et celui de l’économie. Une vingtaine d’universités auront l’autonomie sur leurs budgets dès le 1er janvier 2009. Le mot d’ordre est le regroupement des forces, plus facile en province qu’à Paris. Dans le pôles de recherche et d’enseignement (PRES), il faut des collèges doctoraux uniques, sans barrières entre l’université et les grands écoles. L’avis de la ministre est réservé sur un PRES où il n’y aurait que des ingénieurs. Les grandes écoles doivent se garder de faire de la « reproduction sociale ». Le baccalauréat doit mieux  sélectionner les candidats à l’entrée à l’université (trop de bacheliers S, pas assez de bacheliers pro. vont en IUT) ; il y a 15% de places vides dans certaines formations. Les premières années de médecine produisent des échecs en masse. La vraie liberté de l’étudiant est de pourvoir choisir une voie vers « l’employabilité ». Les autres grands chantiers sont l’ouverture sociale et la vie étudiante (logement, bourses, campus). La réforme s’attaque, dans l’ordre : à la licence, au master, au doctorat. La commission des titres d’ingénieur (CTI) fonctionne bien.

 

Le 5 février 2008, le Cercle reçoit le président en exercice de Croissance Plus, Geoffroy Roux de Bézieux, l'emblématique entrepreneur de la jeune génération, membre de l'équipe auteur des 316 propositions du rapport Attali. Ses succès personnels (Phone House, Virgin Mobile), son "flair commercial de l'épicier" donnent du poids à ses thèses sur les moyens de donner à la France le tonus économique qui lui fait défaut (4 fois moins de PME exportatrices que l'Allemagne, déficit commercial de 40 Md€ en 2007, alors que l'Allemagne, qui paie sa facture énergétique plus cher que nous, engrange 100Md€ d'excédents). Nos maux ? les 1800 pages de code du travail, exploitables par les grosses organisations, mais indigestes aux patites entreprises; les seuils des 10, 20, 50, 250 employés, que les entrepreneurs hésitent à franchir par hantise de la bureaucratie, ... Il y a de la création technologique en France, mais pas assez. Le foisonnement de la création américaine dans les NTIC permet là-bas de faire naître les Google et Microsoft. Pourtant, l'encouragement à la création est exemplaire en France (loi Dutreil, 50% de créations annuelles de plus depuis 2002), mais les agences immobilières arrivent en tête des créations. Le capitalisme français est immobile. La réussite se referme sur elle-même. la capital-risque est mal rémunérée. L'incussès est trop pénalisé. Mais l'espoir est permis : le dialogue social constructif frémit, la culture économique touche la jeune génération. Les patrons doivent s'engager davantage dans le débat public.

.

 

Le Cercle a reçu, le 16 octobre 2007, Michel Destot (Li64), Député-Maire de Grenoble, nouveau Président des Maires des grandes villes de France.Fort de sa formation d’ingénieur Arts et Métiers « une chance et un atout », M.Destot a mené une vie d’entrepreneur de la haute technologie et d’homme politique avec la même passion. Il a trouvé dans les deux voies le même engagement total, la même soif des défis. Sa vision de la ville est celle d’un moteur indispensable de l’évolution vers la tolérance, le progrès technologique, social et humain. Pour que la ville joue mieux son rôle dans notre pays, il préconise plus d’Europe et plus de décentralisation. L’équilibre Nord-Sud exige d’innover et de créer au Nord, et produire davantage au Sud. La compétition internationale est incontournable. La mixité sociale et culturelle est un gage de progrès technologique et économique. La vocation de la ville est de créer un environnement éducatif et culturel apte à faire fructifier l’innovation, par des initiatives fortes comme les Pôles de compétitivité, et par une politique d’insertion, garante de l’harmonie sociale et de la solidarité. Michel Destot combat farouchement les extrémismes de tous bords et veut réhabiliter la classe politique par une éthique sans faille et sans faiblesse. L’alpiniste chevronné qu’il est mesure les risques et les assume, en pleine conscience.

.

 

19 juin 2007, à quelques jours de l’ouverture, en France, du libre choix du fournisseur d’électricité et de gaz par les consommateurs, l’invité d’honneur était Charles Beigbeder, PDG de Poweo, créée il y a 5 ans, devenue 2e distributeur d’énergie, qui vise 5% du marché à l’horizon 2010. Figure emblématique de la nouvelle génération de patrons, qui veulent « décomplexer les entreprises » et  faire retrouver le goût du risque, Charles Beigbeder, pour qui « Entreprendre, c’est innover » tire ses ressources de l’opération Selftrade qu’il a très bien réussie. Il a abordé le marché de l’énergie par le négoce et intègre maintenant la production (deux centrales thermiques en projet, 2000MW, les marges sont en amont). Poweo dote ses abonnés d’un outil leur permettant d’optimiser leur consommation. Les fruits du lissage et les gains sur le gaspillage sont partagés. L’innovation n’est pas que technologique. Les ruptures technologiques comme les supraconducteurs et les énergies renouvelables (Poweo en intègrera à terme pour 20%) ne sont pas prêtes. Mais l’innovation, c’est aussi plus de souplesse sociale et du financement diversifié. L’investissement dans la production d’énergie passera progressivement dans le secteur privé (les papetiers finlandais financent leurs réacteurs EPR). Le particulier va bénéficier de l’assouplissement des tarifications. Poweo embauche. L’effectif passera de 150 à 225 d’ici fin 2007. Les ingénieurs sont attendus. Les Conseils de Ch. Beigbeder : « rayonnez, soyez fiers de vous-mêmes, donnez envie de vous fréquenter ».

.

Stéphane Rozès  

Moins d'un mois avant le premier tour des élections présidentielles, Stéphane Rozès, directeur de l'Institut de sondages "CSA Opinions" était notre invité. 28 mars 2007. Le Cercle a reçu Stéphane Rozès, politologue, directeur de CSA Opinion et lui a demandé quelle confiance peut être accordée aux sondages, après les précédents de 2002 et 2005, quels enjeux, quelles propositions des candidats sont en relief dans la campagne présidentielle 2007, quels scenarii pour les 1er et 2e tours ? S.Rozès a précisé que les sondages ne sont pas des pronostics, mais des photographies instantanées d’une opinion qui n’est jamais figée, jusqu’au jour des élections. Un électeur sur 5 se décide au dernier moment. Les Français veulent, à l’Elysée, une personne qui incarne la cohérence hommes-valeurs-projets et la prise en charge des questions et angoisses des citoyens. Ils aiment débattre et « se disputer dans la même direction ». En 2007, ils appellent un retour de l’Etat dans l’économie ; le concept de marché est connoté négativement. Les Français persistent isolément à croire que le gouvernement est responsable du chômage. L’Europe et l’international sont absents de la campagne, car les Français veulent d’abord recadrer leur identité. L’Europe est perçue comme une « France en plus grand ». Bruxelles n’est plus prétexte à louanges ni bouc émissaire officiel. L’alternance n’a plus la cote. Les Français se donnent une « ivresse de démocratie », mais le compromis se fera entre le possible et le souhaitable. Au 1er tour, l’enjeu temporel domine, au 2e tour, c’est l’enjeu spirituel, immatériel. Quel que soit le choix, le pays va changer en profondeur. Des scenarii seront publiés en dernière semaine.  La France détient le record du nombre de sondages. Le sondeur n’est pas maître du commentaire fait par les médias, il analyse et décortique. S. Rozès se garde de « faire de la morale ». Les raccourcis populistes sont un paravent de la paresse. Enseigner est bon, cela oblige à dialoguer

.

 

    François Chérèque, secrétaire général de la CFDT,  était notre premier invité de l'année 2007. Il a dressé un état des lieux de la relation sociale dans notre pays et exposé sa vision des bases nécessaires à la construction d’un pacte social solide et ses priorités d’action. L’économie française s’essouffle ; elle dépend trop de la consommation. La culture jacobine conserve l’exclusivité des décisions par la loi et privilégie, à tort, le détail. La production de richesses doit précéder la gestion de son partage. Les PME doivent davantage innover par la recherche. L’Etat et les bailleurs de crédits doivent les y encourager. L’Etat doit améliorer l’affectation des recettes fiscales. Face à la mondialisation, une politique de bas salaires n’est pas la bonne réponse. Les réformes, en France, doivent toucher les retraites, afin de maintenir au travail les seniors expérimentés ; le syndicalisme doit lui aussi se réformer. La France doit rattraper son retard sur les autres pays européens en matière de relations sociales. La CFDT veut construire un pacte social par le dialogue. F. Chérèque n’a pas peur de bousculer les idées fixes et croit à l’efficacité des petits pas. Il incarne le courage de la remise en cause et se livre au débat privé sans tabou et sans camouflage. Les convives ont apprécié.

     

jean louis beffa
 

Jean-Louis Beffa, président directeur général de Saint-Gobain était notre invité du 20 novembre 2006. Il est l’auteur du rapport sur la politique industrielle de la France et a étudié avec lucidité et en profondeur les invariants de notre Histoire, l’environnement européen et mondial, les éléments stratégiques de l’activité industrielle de notre pays. La France a d’excellents atouts dans quelques domaines comme l’agroalimentaire, le luxe, le nucléaire, l’espace, le transport aérien, mais ne peut conduire une stratégie de force « à l’allemande » dans la production de biens historiques. Avec l’euro, la compétitivité de nos coûts industriels n’est plus soumise aux pressions des variations monétaires, et peut déraper sans risque de sanction immédiate. Une politique sélective de soutien des projets à fort potentiel est nécessaire. Ces projets prennent naissance surtout dans les PME, mais les grandes entreprises doivent jouer leur rôle d’encouragement indispensable, en concertation avec la recherche publique. Il faut des projets technologiques. Les ingénieurs, à tous niveaux de responsabilités, sont directement concernés. Jean-Louis Beffa voit l’avenir dans l’alliance de la compétence et de l’action.

haut de page

   

Rémi Krug était notre invité lors de la deuxième manifestation en province du cercle La Rochefoucauld le 16 octobre 2006 à Châlons-en-Champagne, avec le parrainage du Conseil général, dans le cadre du bicentenaire du Centre ENSAM. Sur le thème des valeurs fortes et durables, Rémi Krug, patron de la célèbre maison de Champagne, et ancien président du Comité Colbert, a levé le voile sur la pérennité de l’attrait pour le luxe, la démocratisation de l’accès aux belles choses et aux produits d’excellence. Sur fond de grande fresque historique retraçant les domaines où le luxe s’est développé, il a expliqué comment la prospérité économique a changé les codes par l’arrivée, depuis l’après-guerre, d’une nouvelle génération de consommateurs. Expliquant l’évolution par le jeu permanent des forces de tradition et de modernité, il a montré qu’elles se conjuguent pour forger le succès. La fidélité aux valeurs n’exclut pas l’expression du génie par l’audace. Krug a mis 140 ans pour oser présenter un champagne rosé. La maison prestigieuse ne fait pas l’impasse sur le choix rigoureux des récoltes parmi les 800 parcelles agréées, le vieillissement exceptionnellement long, le séjour en fût de chêne, l’art de l’assemblage. Mais les fûts de chêne sont nettoyés à l’eau sous haute pression et la production Krug est certifiée ISO 14001. Les convives ont apprécié en dégustant une
coupe offerte par Rémi Krug. Un grand moment de bonheur !

haut de page

   

Yvon Gattaz, président du CNPF de 1981 à 1986, était notre invité le 18 septembre 2006, pour une séance organisée avec le Clenam.

Y.Gattaz a rendu hommage à Jean Fourmentin-Guilbert (Pa46), notamment pour ses travaux sur le génome, qui auraient mérité, en France, plus d’attention de la part des pouvoirs publics. Y. Gattaz a publié six ouvrages, le premier en 1969, année où il n’y eut aucune création d’entreprise en France. Entrepreneur, sa vocation est née dès son premier contact avec une entreprise. Les 3 mots-clés de l’entreprise commencent par la lettre C : Création, Croissance, Conservation. Créateur, Yvon Gattaz savoure la joie d’entreprendre, de « se mettre à son conte » et fait partager sa passion pour l’entreprise,
créatrice de richesse, révélatrice de talents. L’entrepreneur se fait pédagogue ; il joue des mots, invente une communicationinnovante pour mieux fixer les idées. L’entreprise patrimoniale est la plus exaltante, mais c’est aussi la plus difficile àtransmettre. Dans une France nourrie par la peur du changement, rouillée par le scepticisme, Yvon Gattaz combat les peurs par l’humour et fait naître l’espérance par l’exemple. Il a créé ETHIC, puis Association Jeunesse et Entreprises (AJE) pour dire aux Français qu’entreprendre est un acte moral et utile. Académicien des Sciences morales et politiques depuis 1989, il
garde des souvenirs pittoresques de son mandat à la tête du CNPF. Il a dédicacé son livre sorti en mai 2006 « Mes vies d’Entrepreneur », éd. Fayard.

haut de page

Gilles de Robien
 

Gilles de Robien, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a été notre invité le 25 avril 2006, jour où le Président de la République lançait les 6 projets phares de l’Agence de l’Innovation Industrielle, et le Premier Ministre la Commission Université-Emploi. Avec détermination et courage, à la tête du premier budget de dépenses de l’Etat, 76 Md €, dont 59 pour l’enseignement scolaire, G. de Robien ressent, pour l’école de la République, une obligation de résultat. Si l’école, en France, a relevé, depuis les années 1960, le défi de la quantité, elle bute sur celui de la qualité. Par entêtement idéologique de bon nombre d’enseignants (l’utopie de l’inversion des rôles entre le professeur et l’élève) elle échoue dans sa mission de promotion sociale. Le grand chantier de la formation des maîtres est prioritaire. Le respect mutuel doit être restauré et prendre rang dans la notation des élèves. Apprendre à lire aux jeunes est la première mission civile de l’Etat. Comme les autres pays européens, la France doit abandonner la méthode globale ; la circulaire du 3 janvier 2006 y pourvoit, n’en déplaise au « mammouth ». Le 2e chantier est le socle de connaissances, bagage que tout jeune de 16 ans sortant du système scolaire doit posséder, dans lequel G. de Robien veut mettre l’expérience du réel, par la découverte de l’entreprise, créatrice de biens, à raison de 3h de stage par semaine. L’entreprise doit aussi accueillir les maîtres, trop souvent enfermés dans une culture de « diabolisation » de l’entreprise et du marché. 3e chantier : la relance de l’éducation prioritaire. Le système de vœux et de mérite de carrière prive les ZEP  d’enseignants expérimentés. Le Ministre incite 1000 professeurs aguerris à revenir vers les 249 zones qui attendent l’ascenseur social. Il salue à ce titre l’opération Optim de l’ENSAM. Le 4e chantier de G. de Robien vise à placer l’enseignement supérieur français dans la classe mondiale, par groupement des forces ; à travers le Pacte sur la recherche, qui est plus qu’une loi, il faut donner à l’université le goût de la compétitivité et de l’employabilité future des étudiants. 

 

haut de page

 

· " Etre avant tout à l'écoute des attentes des clients ". C'est le souci prépondérant de notre invité du 21 février 2006, Jean-Martin Folz, président du directoire de PSA Peugeot-Citroën, 6e constructeur mondial avec 5.5% du marché. L'automobile est un marché fortement concentré. Après la fusion originale Peugeot-Citroën (les 2 marques restent concurrentes), PSA cultive les coopérations multiples qui permettent d'allonger les séries en partageant les plate-formes et les motorisations, sans être prisonnier d'une alliance exclusive. La possession d'une voiture fait rêver des milliards d'humains, 80% des Chinois qui achètent une voiture achètent leur 1ère voiture. Sur 60 millions de voitures neuves vendues chaque année, 40 le sont aux USA, Europe de l'Ouest et Japon. Les 20 millions restant sont la part qui croît le plus vite, le volume a doublé en 6 ans. Les clients attendent la sécurité, la propreté vis à vis de l'environnement, la diversité (avec 437 " silhouettes " sur le marché, les Européens sont comblés). L'automobile est un facteur de liberté individuelle. L'essai physique reste incontournable dans l'acte d'achat. Les concessions de marques répondent mieux aux attentes du client que la distribution en grande surface. Le diesel hybride est la formule la plus prometteuse parmi les 3 déclinaisons du véhicule électrique. J-M Folz l'annonce dans moins de 5 ans. L'émission de CO2 baissera sous la barre des 100g/km. L'automobile est une industrie lourde par l'investissement matériel et intellectuel (plus de 5% du chiffre d'affaires en R&D). Avec 5 à 6% de part de main d'œuvre ouvrière dans les coûts de production, la délocalisation n'est pas une obsession stratégique. Le transport, la logistique, sont le premier facteur de rentabilité. PSA est le premier employeur de gadzarts ; le groupe est aussi premier employeur de main d'œuvre en Alsace, Franche-Comté, Bretagne, Champagne. Le groupe est aussi équipementier (filiale Faurecia), affréteur (GEFCO), banquier de ses concessionnaires et de ses clients, PSA produit toujours des 2-roues motorisés. Après 6 années de domination de ses deux marques dans la compétition en rallyes, PSA fait une pause et " laisse une chance aux autres constructeurs "

 

L'invité du 6 décembre 2005, Thierry Breton, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, conçoit sa mission au Gouvernement comme le difficile redressement de la maison France. Partager la même vision stratégique est la partie la plus facile de la tâche. L'exécution en est la partie compliquée. La méthode de Th. Breton passe par la mobilisation des acteurs et l'exploitation des " fenêtres d'opportunité ", progressivement, sans reculer. La France vit depuis 25 ans au-dessus de ses moyens. La dette publique représentait 22% du PNB en 1980, elle est passée à 66% en 2005. La dette n'est pas honteuse, mais les Français doivent maintenant " se l'approprier ". Abaisser l'âge de la retraite et la durée du travail ont été des erreurs tragiques. Les Français actifs de la période 1980-2005 sont " la 1ère génération de l'histoire qui n'a pas eu pour ambition que ses enfants et petits-enfants vivent mieux ". Dire la vérité. La charge d'intérêts de la dette est 50Md €, autant que la recette de l'impôt sur le revenu. Si les taux passaient de 2 à 4%, il faudrait doubler l'impôt pour rattraper l'équation. Bâtir la confiance sur la vérité. L'économie d'un pays n'est pas une entreprise, mais le redressement, dans les deux cas, passe par l'abaissement des coûts et l'augmentation de la productivité. Expliquer pourquoi il faut réformer l'Etat, revenir sur les décisions qui fabriquent de la dette, céder des actifs non stratégiques, faire " exploser " cette dialectique ruineuse qui veut " sauver l'acquis à tout prix ". La dette n'a pas fini d'alimenter le débat public. Les mentalités doivent évoluer. Abandonner l'illusion de l'acquis impérissable. Accompagner le changement en le rendant attrayant. Savoir récompenser ceux qui économisent l'argent public à tous les échelons. Le non à l'Europe est un coup dur, mais la France peut remonter la pente. Le redressement est un combat de conscience et de courage.

 

Jean-Cyril Spinetta, président d'Air France-KLM, invité du 9 novembre, à Toulouse· C'était la première réunion du Cercle hors de Paris. L'invité d'honneur Jean-Cyril Spinetta, président d'Air France-KLM, patron de la première compagnie aérienne mondiale par le chiffre d'affaires, s'est montré grand pédagogue de la connaissance du métier et des bonnes pratiques de management d'une entreprise de cette spécialité, de cette taille et de ce rang. Le transport aérien est un métier de service, en forte croissance : + 5% par an en trafic passagers, + 6 à 7 % pour le fret. Acteur de l'internationalisation, il favorise la libéralisation des échanges. Une compagnie aérienne utilise intensément la ressource humaine (25 à 30% de ses coûts) et aussi l'investissement en capital. Le maintien à niveau de la flotte de plus de 500 avions, plus l'alimentation de la croissance, exigent l'achat annuel de 40 à 50 avions neufs, soit 1.5Md € d'investissement, pour un chiffre d'affaires de 12Md €. Les banques financent sans difficulté. Il s'agit d'actifs mobiles, négociables. La profession est totalement libéralisée en Europe depuis l'acte unique de 1993. Il n'y a aucune barrière à l'accès à la profession. Le bien stratégique des compagnie se sontsurtout les droits de trafic, gérés par les Etats. Dans ce contexte libéralisé, les regroupements sont vitaux. La qualité du réseau commercial d'une compagnie est son arme concurrentielle. La production n'étant pas stockable, les retournements de conjoncture sont cruels. Le réseau doit viser à répartir les risques géographiques. La politique de hub est incontournable depuis les années 1990. En y venant en 1996, plus tard que KLM, Lufthansa, .. Air France a souffert d'un handicap, maintenant remonté. En 1997, Air France avait 11% du marché européen, à peine plus que KLM, loin derrière British Aerospace (23%) et Lufthansa (16%). En 2005, les parts sont : Air France 17%, Lufthansa 17%, British Aerospace 16%, KLM 11%. Ensemble, Air France et KLM cumulent 28%, au-dessus de la barre des 25%. La croissance n'est justifiée que si elle est rentable. Air France est la seule compagnie qui affiche des gains depuis 1998. Jean-Cyril Spinetta a réussi le redressement, tout en réalisant la privatisation, condition préalable à la fusion avec KLM et à l'entrée dans les systèmes d'alliances. L'Etat n'a plus que 18% du capital. Contrairement à une idée reçue, le personnel n'est pas mieux protégé dans une entreprise nationale que dans une privée. Avec son industrie aéronautique et son transport aérien, la France dispose d'un atout mondial de choix. Cet atout doit être valorisé et joué. La condition : rester concurrentiel, c'est-à-dire, baisser constamment les coûts. Une vision morale de J-C Spinetta (petit-fils de gadzarts) : la Compagnie ne demande plus rien aux pouvoirs publics, ce serait indécent, ils ont d'autres priorités.


 

Louis Schweitzer, président de Renault, invité du 29 septembre 2005, · " Construisez d'abord vos bases, et qu'elles soient solides ", tel est le conseil que donne Louis Schweitzer à ses cadres, à tous les cadres. Qu'il l'ait goûté en décideur anonyme dans l'ombre d'un Premier ministre, ou en patron exposé aux feux du public, à la tête de Renault, entreprise symbole, Louis Schweitzer a trouvé le pouvoir exaltant. Sa capacité d'analyse hors du commun, sa vision très sûre, reposent sur une éthique rigoureuse, sa " base ", fondée sur deux piliers : l'interdépendance de la réussite économique et la réussite sociale ; l'une ne peut se passer de l'autre, et l'indissociable lien entre le respect de la morale et sa projection sur le long terme. Réaliste, il déplore la tendance des entreprises d'enrichir sur le court terme les seuls actionnaires, mais reconnaît que bien peu résistent à la tentation d'empocher une plus-value de 30%. Fervent européen, il a, sur l'impulsion donnée par Georges Besse, et après l'élan donné par son prédécesseur Raymond Lévy, orchestré le redressement de Renault, que beaucoup voyaient condamnée, vers un des tout premiers rangs européens. Louis Schweitzer est convaincu que l'industrie automobile peut et doit rester en France et en Europe. C'est sur cette base forte qu'un grand constructeur peut envisager la conquête d'autres marchés, conquête difficile, qui requiert de l'audace. Louis Schweitzer aime les paris raisonnés, ceux dont l'échec éventuel ne mettra pas en péril l'entreprise. Paris sur les modèles : l'Espace, le Scénic, la Logan, paris sur les alliances : Nissan, Samsung, Louis Schweitzer les a réussis parce qu'il a su convaincre ses collaborateurs et bien choisir ses lieutenants. Dire la vérité et la faire partager, construire la culture d'entreprise, indispensable terreau de la croissance, sur l'association de tous aux échecs comme aux succès. Vérité sur la performance : coût, délai, qualité car, masquer les problèmes en interne et à l'extérieur est un mauvais calcul. Le prochain défi de l 'automobile ? respecter l'environnement. Son prochain défi ? ses combats dans Win in France et surtout, contre les discriminations (la Halde).


 

L'invité du 4 juillet 2005, Pierre Bellon, a acquis la célébrité par d'autres voies que la politique ou la grande industrie. Ses recettes d'entrepreneur sont : une stratégie de croissance de l'entreprise qui doit satisfaire à la fois ses clients, son personnel et ses actionnaires, sans consommer de capital ni s'endetter (l'activité de services contraste en cela avec l'industrie lourde) ; une idée fixe d'améliorer constamment la qualité, en se gardant de la suffisance qui serait héritée du culte de l'excellence (la qualité, en restauration collective, est une marque de respect pour les usagers) ; le développement du lien affectif, bâti sur les valeurs partagées, entre les personnes et l'entreprise qui les emploie (l'esprit de service associé à l'esprit d'équipe améliore la qualité de vie au quotidien) ; la maîtrise financière de la croissance " une entreprise qui ne grandit pas meurt, une entreprise qui grandit trop vite peut faire faillite "… Des accents éthiques que ne renierait pas Claude Bébéar, lui qui veut moraliser le capital pour le sauver. Pierre Bellon, lui, a créé un empire presque sans investir, donne de l'emploi à plus de 300000 personnes, presque sans avoir consommé de capital. Avec lui, les services ont trouvé leurs lettres de noblesse. Sa foi, Pierre Bellon la fait partager, il a milité chez les jeunes dirigeants avant de le faire au Medef. Il sait que l'on n'obtient rien sans prendre de risques, s'insurge contre la fonctionnarisation, en France, du pouvoir législatif et la prolifération démesurée des lois sans application réaliste. La réussite tient dans le léger avantage de la somme des succès sur la somme des erreurs ; la réussite d'aujourd'hui n'est pas garante de l'avenir, il faut " se battre tout le temps ". Foi, courage, compétence, détermination et modestie … un cocktail bien au goût des gadzarts.


 

Le 24 mars2005, le Président et Directeur Général de TCL, Dong Seng (Tomson) LI a été notre 19ème invité.

Président et Directeur Général de TCL, Dong Seng (Tomson) Li fait partie de cette poignée d'Industriels qui sont à l'origine et les acteurs de la mutation industrielle mondiale de ce début du XXIe siècle. Créateur d'entreprise avec un prêt de quelques milliers de dollars, il a construit en 20 ans, en s'appuyant sur les réformes de Deng Xiao Ping, un des plus importants conglomérats high tech de Chine, et a créé la première entreprise mondiale de télévision avec Thomson. Le modèle a été imité par IBM et Lenovo dans les ordinateurs personnels. Tomson Li a été cité en 2004 par Time Magazine parmi les 100 hommes d'affaires les plus influents dans le monde. En duo avec Charles Dehelly, Tomson Li a parlé de son histoire, de sa vision de l'évolution industrielle du monde, des opportunités pour nos entreprises en Chine, des forces et des faiblesses de la Chine, de l'Europe et de la France, pays qu'il aime (il a été décoré de la Légion d'Honneur par Jacques Chirac). L'envie de posséder des biens a mis les Chinois dans une dynamique d'efficacité de production. La Chine est bien l'usine du monde, pour longtemps. Mais la coopération avec les nations doit être paisible et confiante. La Chine est très différente du Japon. Les relations des deux pays sont en progrès. Les Chinois sont séduits par le modèle américain. Ils veulent faire plus et mieux qu'eux. Le travail et l'entreprise passent avant la famille, la culture et les loisirs. Les Européens sont créatifs, mais le travail n'est pas pour eux une priorité.


 

Le 17 janvier 2005, le Recteur de la Mosquée de Paris, Dalil BOUBAKEUR, a été notre 18ème invité.

Formé à Alger avant l'indépendance, D. BOUBAKEUR connaît en profondeur l'histoire de France et la culture de la nation française. Son propos relève une certaine nostalgie de l'époque où celle-ci s'étendait "de l'Atlantique à la Tripolitaine". Les grandes invasions qui, sur le continent européen, ont succédé à l'empire romain, n'ont pas de secret pour lui. Les croisades ont dramatisé les relations des peuples d'Europe avec le monde musulman. Deux siècles plus tard, François 1er s'entend avec Soliman le Magnifique qui a repris Jérusalem. Ce sera le début d'une riche veine d'orientalisme en France, jusqu'à la campagne d'Egypte par Bonaparte, et l'histoire de la civilisation arabe par Renan. Après l'indépendance de l'Algérie, la grande vague d'immigration mahgrébine vers la France est surtout économique. En 1962, il y a 1 million de musulmans dans l'hexagone, en 1975, 2 millions; la loi sur le regroupement familial, a accentué le flux; aujourd'hui, la population musulmane atteint 4 millions. La revendication des années 80 (le droit à la différence) fait place à celle de l'identité, enjeu essentiel. Français d'abord ou musulman d'abord ? Pour D. Boubakeur, le fondamentalisme est une erreur historique. Le culte doit entrer dans la vision républicaine. L'avenir se construit par l'éducation et l'intégration des jeunes. Nul besoin de discrimination positive. Il ne faut pas changer les lois de 1905 sur la laïcité. La laïcité à la française est plus riche que la sécularité des pays qui nous entourent. Il faut soutenir l'intégration, antidote de la violence. Le Recteur obtient l'adhésion de ses imams. Il se soumettra prochainement au vote de ses fidèles. Une belle démonstration d'humanisme et de culture.


 

Le 16 septembre 2004, le Ministre délégué à l'Industrie Patrick Devedjian, a été notre 17ème invité.
Fils d'ingénieur et avocat de profession, les réalités de l'industrie ne lui sont pas étrangères. Pour lui,avancer est la plu sûre façon de prouver que l'on ne recule pas. Pour cela, il faut anticiper, par une innovation centrée sur son secteur de compétence. Notre avantage compétitif est dans la création, féconde dans l terreau des pôles de compétitivité. La recherche doit rester proche de la production qu'elle irrigue. La liaison industrie université (et grandes écoles) fournit les moyens d'anticiper. Les reproches adressées par Bruxelles au gouvernement français à propos de son "interventionnisme" ne sont pas justifiés. Un gouvernement ne peut juridiquement pas s'immiscer dans les décisions stratégiques des entreprises. Son rôle est d'encourager et d'ajuster les moyens qui dépendent de lui et de stimuler le marché intérieur, moteur de l'économie. Le concept de politique industrielle, autrefois honni à Bruxelles parce que mal compris, progresse maintenant au sein de l'Union Européenne. Le choix du gouvernement, en 1974, de promouvoir la filière nucléaire a permis de réduire d'1/3 la dépendance énergétique de la France. Les grands projets sont nécessaires à notre pays. ITER donne l'occasion de tirer parti d'une avance technologique acquise. Mais l'Etat n'a pas fait que de bons choix. Les 35h lui coûtent cher et l'interdiction de travailler au-delà d'un quota est une exception française qui nuit à la compétitivité de notre production.


 

Le 2 juin 2004, le 16ème invité d'honneur du Cercle était Claude BEBEAR, fondateur et président du conseil de surveillance d'AXA, créateur et président de l'institut Montaigne.
Témoin de graves dérapages dans le monde de la finance, il a montré dans son ouvrage Ils vont tuer le capitalisme, écrit avec Philippe Manière, comment la frénésie du profit rapide consacre le divorce entre la société civile et l'entreprise. Les fautifs sont les analystes téméraires et les professionnels comme les banquiers qui leur font une confiance aveugle, et qui étranglent les entreprises pour des motifs articficiels. L'opinion est induite en erreur par des journalistes qui abusent de leur pouvoir et ne répondent devant personne. Les juges qui se trompent n'encourent aucune sanction. Les auditeurs ne sont pas assez indépendants des administrateurs et des dirigeants. Il faut aux actionnaires une information plus limpide et plus sûre, et que les auditeurs disposent davantage de moyens pour bien faire leur travail. Faire échec à la spéculation, se débarasser des pratiques truquées, restaurer la démocratie de décision au sein des assemblées générales d'actionnaires : c'est un vaste chantier dont les résultats ne seront pas immédiats. L'Institut Montaigne y travaille.


 

Mercredi 24 mars 2004, Francis Mer, Ministre de l'Economie, des Finances et du Budget fut notre 15ème invité. Ingénieur, entrepreneur et pragmatique, Francis Mer apporte une vision concrète de l'avenir de la France et des évolutions nécessaires pour que notre pays garde son rôle prépondérant. La rencontre qu'il a offert aux gadzarts fut riche et parfaitement interactive : la conduite des réformes, dont celle de l'Etat, la baisse de la fiscalité pour redonner des forces aux entreprises et des raisons d'investir dans l'industrie de notre pays, le retour attendu de la croissance, l'élargissement à 25 Etats de l'Union européenne et la nouvelle donne en termes de compétitivité, ces questions ont été posées à Francis Mer. Il y a répondu avec franchise et clarté, permettant à chacun de mesurer l'ampleur du travail à fournir. "Il est temps de faire reconnaître l'entreprise comme facteur de richesse et garant de niveau de vie, au lieu de diaboliser son image" et d'agir pour qu'elle puisse être un réel générateur de richesse , de travail et d'évolution. Ca passera par des réformes, certes impopulaires mais nécessaires : réformes des retraites, réforme de la Fonction publique, développement de la compétitivité des entreprises. "Le monde est devenu un marché unique. Les querelles de barrières douanières sont illusoires et dépassées. Dans un environnement qui bouge, il faut adopter de nouveaux comportements de gestion. Il faut savoir exploiter une crise pour la transformer en opportunités.

  
  Vous lirez le reportage complet du Cercle Larochefoucault dans le prochain numéro d'Arts et Métiers Magazine
  


 Le 13 janvier 2004, le 14ème invité d'honneur du Cercle était le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
L'affluence a battu un record : 260 convives. La personnalité politique la plus médiatique de France a passionné son auditoire. N. Sarkozy fait de la politique parce qu'il la croit indispensable pour changer les choses. Il a foi dans un rassemblement large au-delà du clivage gauche-droite. Communiquer clairement ses intentions, puis agir, telle est sa démarche. Pour bien assumer ses responsabilités, le pouvoir ne doit pas se diluer dans la cogestion. La bataille de la sécurité est la démonstration de son dynamisme. Il place le mérite en tête des vertus républicaines, devant l'égalité. Il préfère parler de l'équité, c'est-à-dire l'égalité des chances, plutôt que l'égalité de traitement qui décourage l'effort. Il justifie la "discrimination positive", par le devoir qui incombe à la République de corriger le handicap inhérent à la naissance. Il veut remettre en marche l'ascenseur social. La justice, c'est donner à chacun sa chance, notamment après l'échec. N. Sarkozy est convaincu que la France doit rester un pays d'immigration. Nous devons apprendre a accueillir ceux qui sont porteurs d'un patrimoine culturel différent, montrer que, s'ils sont respectueux de la loi, la République fera plus pour eux. Comment être "ferme mais juste"! C'est ce que le Ministre a exposé avec ardeur et conviction.
  
  Vous lirez le reportage complet de ce moment particulier dans Arts et Métiers Magazine de Janvier-Février 04
  

 

Le 22 octobre 2003, l'invité d'honneur était Claudie HAIGNERE, Ministre délégée à la recherche et aux nouvelles technologies. Elle a révélé cette phrase prophétique du duc de La Rochefoucauld-Liancourt : "la carrière de l'industrie est le champ où vont désormais combattre les nations trop longtemps déchirées par de sanglants combats", puis elle a situé avec précision les chiffres de la recherche en France. L'effort actuel représente 2,2% (non pas 1,9), dont 1,2% de la part privée. L'objectif est qu'en 2010, l'effort atteigne 3%, avec un objectif intermédiaire à 2,6% en 2006. La répartition des apports est de 55% du privé, 45% du public ; il faudrait qu'elle devienne 2/3 privé, 1/3 public, comme chez nos principaux concurrents.
C'est donc d'abord, selon la Ministre, l'effort du privé qui doit être accru. Le dynamisme économique de notre pays en dépend. Claudie Haigneré, a élaboré, avec la Ministre de l'Industrie, un Plan innovation qui va doubler la dotation du crédit impôt recherche (près d'1 milliard €). Le nombre d'entreprises éligibles sera multiplié par sept! L'investissement entrera dans le périmètre de ce crédit. Les jeunes entreprises innovantes bénéficieront de nouvelles exonérations. Les 4 domaines prioritaires sont : la recherche médicale (cancer, handicap, maladies infectieuses), les actions concrètes internationales répondant aux critères du développement durable, la gestion des ressources alimentaires (notamment l'eau), la diffusion des savoirs scientifiques. Cl. Haigneré veut que nos chercheurs, en France et en Europe, développent une culture de résultat et des partenariats public-privé. Elle veut attirer en France les meilleurs chercheurs au monde ; elle reconnaît la réussite des grandes écoles à cet égard.
Débarrassé de ses lourdeurs et de ses rigidités, notre système peut rivaliser avec celui des Américains, sans se cantonner à une banale imitation.

 
 

Le 1er juillet 2003, l'invité d'honneur était Renaud DUTREIL, Secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce, à l'Artisanat et aux Professions libérales. Rappelant que le fondateur de notre Ecole, grand philanthrope, visionnaire, fut, lui aussi un frondeur, Renaud Dutreil se montra très à l'aise au dialogue avec les gadzarts, fils spirituels du duc de La Rochefoucauld-Liancourt. Le combat pour les entreprises est un combat culturel, qui commence par une révolte contre l'apathie ambiante. L'éducation nationale ne doit plus "tourner le dos aux entreprises". 250 métiers répertoriés vont être réhabilités. Comment? En imitant les processus qui donnent du résultat : la formation en alternance, l'apprentissage dès 15-16 ans. La société industrielle française est bâtie sur le modèle du salariat ; il faut promouvoir la culture d'entrepreneur. Le patrimoine d'entreprise, s'il est français, doit être incité à rester en France. Renaud Dutreil n'envisage pas moins que ramener le taux de taxation des plus-values de cession de 26% à 0%. Il veut encourager la mobilisation de "capital direct", en recyclant l'épargne dans le territoire où elle se collecte (fonds d'investissement de proximité - FIP). Des incitations fiscales aux personnes physiques seront soigneusement étudiées. Les "jeunes pousses" profiteront des mesures à venir. Il n'y a pas assez d'entreprises individuelles en France. R. Dutreil se propose de mieux les sécuriser, par modulation du niveau de capital souscrit et simplification des procédures. Renaud Dutreil veut faire entrer l'entreprise dans le modèle de pensée morale de la société française. Nous lui connaissions la passion et l'ambition pour cela. L'échange du 1er juillet nous a montré qu'il en a aussi la force de conviction et le talent.

 


Le 29 avril 2003, l'invité d'honneur était, pour la première fois, un Commissaire européen : Michel BARNIER, petit-fils de Jules Barnier (Aix 1896 ).La rencontre de Gaulle-Adenauer, en 1963, a fait naître sa vocation : il sera gaulliste et européen. Construite sur un socle économique, cimentée par la " réalpolitique ", l'Europe a été créée pour servir la paix. Le 1er défi est immense : à 6 états, puis à 9, 12, 15…bientôt 25, l'Union doit inventer son mode de fonctionnement, fabriquer ses règles qui tiennent compte des identités et des cultures, pour que les états acceptent de mettre en commun une partie de leurs pouvoirs et qu'ils partagent les responsabilités. Le 2e défi est celui de l'élargissement ; trouver des projets auxquels tous les membres adhèrent ; démarrer une histoire commune. Le 3e défi est de faire prévaloir, auprès des pays qui rejoignent, le modèle social du noyau fondateur. Le 4e défi est celui de la monnaie : l'euro, qui doit reposer sur une économie cohérente. En plus de ces défis internes, il y a les défis venant de l'extérieur : le commerce, les échanges, la compétitivité, la faiblesse démographique dans un monde en expansion (dans 30 ans, l'Europe aura perdu 40 millions d'habitants, "alors que la population se sera accrue de 140 millions de l'autre côté de la Méditerranée. Dans un monde dominé par une seule superpuissance, l'Europe doit apprendre à parler d'une seule voix, faire entendre qu'elle ne se résume pas à un " supermarché ". Passionnément ouvrier de la construction européenne, Michel Barnier préconise une Europe politique. Les destins politiques de la France et de l'Europe sont maintenant liés ; Michel Barnier en est un patriote.


 

Le 21 janvier 2003, le Cercle a accueilli pour la première fois un gadzarts en invité d'honneur : Jean-François DEHECQ (Li58), PDG de Sanofi-Synthélabo. Le groupe vient de fêter ses trente années d'existence. Jean-François Dehecq, qui en est, avec René Sautier, le fondateur, compte bien s'appuyer encore sur la stratégie et le style de management qui l'ont conduit au succès. Le groupe issu du rapprochement d'une vingtaine de laboratoires français a fait largement prospérer la mise de fonds initiale : le milliard de dollars investi en vaut aujourd'hui plus de 50. Le plus célèbre des gadzarts patrons a cultivé l'authenticité et le respect des personnes comme une règle de relation humaine. La formation Arts et Métiers lui a donné "un espace de liberté fabuleux". Il y a forgé les armes de sa réussite, faite de conquêtes sur l'ignorance, sur la suffisance et la pusillanimité. Son entreprise fait largement mieux que résister dans un métier dominé par les puissants groupes américains. Elle innove, elle progresse (croissance à 2 chiffres), elle prend de l'avance technologique.
Le rôle social de l'entreprise ne peut être rempli que si elle est profitable. Le groupe vit de la recherche, un effort permanent qui mobilise 6000 chercheurs motivés par le besoin de résultat, qui pérennise sa rentabilité. Le marché des médicaments est mondial. L'allongement de la durée de la vie en fait croître fortement la demande. L'éthique de Jean-François Dehecq le guide dans une vision originale de l'accès équitable aux médicaments pour toutes les populations du monde. Les grands groupes comme le sien pourraient contrôler la fabrication de produits génériques et les garantir. Encore faut-il empêcher la diffusion de ces produits vers les marchés des pays riches qui peuvent s'offrir des médicaments de marque au prix fort. Audace et humanisme : deux vertus que Jean-François Dehecq fait siennes, et qui font honneur au fondateur de l'Ecole : le duc de La Rochefoucauld-Liancourt.



 

Luc Ferry,
Ministre de l'Education Nationale

 

Le 5 décembre 2002, le Ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche Luc FERRY, devant une salle comble, a exposé sa conception de l'éducation et de la politique qu'il se propose d'appliquer pour lutter contre l'analphabétisme, dont les statistiques sont alarmantes, faire échec à la violence scolaire, redonner confiance aux enseignants que cette violence décourage, inverser la tendance au déclin des vocations scientifiques, réorganiser son ministère autour du thème de la qualité.
Sa méthode est celle d'un politique lucide, en parfaite harmonie avec les convictions du philosophe. Luc Ferry entend résister au "mythe de la grande réforme". Sa lutte contre l'échec scolaire est aussi la thérapie de la "fracture scolaire". L'effet combiné des réformes de 1959 (la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans), et de 1975 (le collège unique) explique en grande partie cette fracture. Un moyen de la réduire est de réintroduire un "dosage intelligent" d'enseignement professionnel dans le secondaire, avec recours à l'alternance. Ce système est lancé : cours le matin, pratique l'après-midi ; 28000 collégiens en bénéficient déjà. Si beaucoup d'élèves décrochent parce qu'ils trouvent ennuyeux l'enseignement général, l'expérience en cours a pour ambition de redonner l'envie d'apprendre.
Entre la "diabolisation" de la science héritée du moyen âge, et les espoirs disproportionnés qu'elle a inspirés au siècle des lumières, il y a place pour le travail et l'humilité. "Faire plutôt qu'annoncer", telle est la ligne de conduite du nouveau ministre.


 
 

Jean-Claude Trichet,
Gouverneur de la Banque de France
,
Daniel Rapenne (Ch.156) et Yves Rouvillois (Li.164)

  Le 27 juin 2002, Jean-Claude TRICHET, Gouverneur de la Banque de France, était notre 8e invité d'honneur, vingt mois après la séance inaugurale. Ingénieur civil des Mines, licencié d'économie, diplômé de l'Institut d'Etude Politiques de Paris et de l'Ecole Nationale d'Administration, J-C Trichet a été conseiller de René Monory, de V. Giscard d'Estaing, Président de la République. Il a été directeur de cabinet d'Edouard Balladur, directeur du Trésor, gouverneur au FMI, Gouverneur de la Banque Mondiale, président du comité monétaire européen. Il est Gouverneur de la Banque de France depuis 1993. Sans faire de révélations, que lui interdisent ses hautes fonctions, J-C Trichet a su, avec un talent exceptionnel, passionner l'auditoire par l'éclairage qu'il a donné sur la conjoncture, en France, en Europe, aux Etats-Unis et dans le monde, sur les différences de cycles économiques dans les différentes zones, avec des chiffres précis. Il a passé à la loupe le moteur de la croissance et les flux qui l'alimentent, les différences de comportement entre la France, dont le "peuple souverain" prononce ses arbitrages en faveur de la protection, alors que les Etats-Unis le font en faveur de la croissance qui crée de l'emploi. Il a rappelé qu'en 1978, lorsque René Monory a libéré les prix, la démocratie d'opinion nous a conduits au bord de la révolution.

Il a fallu re-taxer. La libéralisation progresse cependant, mais il y a de fortes résistances. J-C. Trichet prône une pédagogie appliquée, car il croit la France capable de réformes. Il se prononce pour le respect des règles essentielles, comme l'équilibre des comptes publics, en utilisant l'arme budgétaire. J-C Trichet a parlé de l'euro, de la stabilité monétaire qu'il a apportée, de ses chances de devenir une grande monnaie mondiale. Dans un système de change, soumis à la loi de l'offre et de la demande, le mécanisme régulateur (le G7) est à l'écoute du marché, et lui envoie des signaux. Tout l'art consiste à contenir la fluctuation dans un intervalle balisé.
De profonds changements vont intervenir en France: (démographie, départs massifs à la retraite. Les recettes pour l'avenir: développer les activités à forte valeur ajoutée, plafonnement raisonnable des contributions sociales, rémunération progressive des jeunes au travail, dès l'âge de 15 ans, compléter la formation par l'apprentissage utile.



Le 22 mai 2002, Bertrand COLLOMB, président directeur général de Lafarge, nous a parlé de son engagement pour le développement durable. Il a rendu hommage à Y-R Nanot, (An55), son principal concurrent, à la tête de Ciments Français, qui partage cet engagement. Le souci du développement durable date des années 1970, à une époque où 2% de la production de ciment s'échappait par les cheminées. Suite à une volonté politique, en France, le problème a été résolu en 10 ans. Gros consommateurs d'énergie, les cimentiers ne peuvent rester indifférents au doublement, tous les vingt ans, de la quantité globale de CO2 rejeté. Lafarge, créée en 1833, a une tradition d'éthique et d'humanisme. Son rapport annuel de 2001comporte trois volets: performance économique, sociale et environnementale. L'environnement est présenté en premier, avant l'éditorial. C'est d'abord un impératif stratégique ("montrer que ce que l'on fait va plutôt dans le sens de solutions que celui des problèmes"). Cette politique est ensuite tournée en avantage concurrentiel, même si les aspects coûts et contraintes restent incontournables. La capacité à terme de contenir les nuisances doit faire partie de l'investissement de départ. Le partenariat avec des ONG (par ex WWF) n'est pas de façade. Lafarge a pris des engagements précis, mesurables. Le développement durable oblige l'entreprise à revoir sa méthode de travail, non plus en vase clos, mais avec l'extérieur. Il élève le niveau de conscience.


 


Le 5 février 2002, Nicolas BEYTOUT, directeur de la rédaction du quotidien Les Echos, a présenté son diagnostic de l'économie française. Plus qu'un diagnostic, c'est un cri d'alarme.
Pour Nicolas Beytout, l'opinion française évalue mal la nature et le siège des vrais risques économiques. Ne pas appliquer une politique des fonds de pension est un vrai risque. La fuite de l'investissement hors de France es